Volatilité et recul des indices de la zone euro

Ce mois de juin était digne des célèbres mois d’août où les évènements extérieurs viennent perturber les marchés actions. Ce fut bien entendu, la Grèce qui a focalisé l’attention et explique à la fois la nette hausse de la volatilité et le recul des indices sur le mois. Ce sont donc les indices de la zone euro qui marquent le plus fort recul sur le mois même si, globalement, ils ont montré de nombreuses velléités de résistance réconfortante pour l’avenir. C’est donc un recul de l’ordre de 4.3% sur le mois pour le MSCI Europe. La problématique grecque a logiquement plus pesé sur les indices des pays périphériques et particulièrement sur le secteur financier. Les fluctuations intra day suivaient les prises de paroles et autres rumeurs sur l’état d’avancement des négociations entre la troïka et les autorités grecques.

Londres, non concernée par la devise communautaire, a baissé avec le recul des valeurs minières et pétrolières.

Le secteur des matériaux de base a été le plus impacté sur le mois. Le secteur des Télécoms était actif suite à la tentative de contrôle de Bouygues Télécom.

Sur les marchés émergents, le MSCI Emerging market accuse un recul marqué sur une bonne partie du mois. Si l’Amérique latine a résisté comme les pays de l’Est, c’est l’Asie qui a le plus influencé les variations avec la volatilité exacerbée de la Chine. L’indice de Shanghai abandonne plus de 12% sur le mois et Shenzhen plus de 15%. Rappelons que depuis notre conseil d’achat de septembre dernier, c’est une hausse de 95% environ et de 133% jusqu’à notre conseil de prudence datant de mai.

La réglementation sur les opérations à effet de levier (appels de marge) imposée aux brokers a provoqué l’éclatement de la bulle qui s’était constituée d’autant plus en période de nombreuses nouvelles introductions en bourse. Cette baisse est salutaire après l’incroyable engouement des ménages chinois qui venaient quérir sur le marché financier les gains qu’ils ne pouvaient plus réaliser sur l’immobilier. Il ne faut donc pas sous-estimer la capacité de voir dans les mois à venir la multiplication des épargnants chinois ouvrir des comptes boursiers d’autant que le développement d’Internet s’amplifie de mois en mois.

Face à cette baisse brutale des marchés, les autorités poursuivent leurs réformes de libéralisation des marchés financiers et ont autorisé, en fin de mois, les fonds de pension à investir 30% de leurs actifs sur les marchés actions. Ceci représenterait 96 milliards de dollars. Le volume traité chaque jour du mois derniers sur les places chinoises était de 2380 milliards de dollars !!

L’intégration de l’indice Chinois dans le MSCI World, envisagé dernièrement, est repoussée à plus tard. Les bourses taiwanaise et indonésienne baissaient avec un recul plus marqué des semi-conducteurs et des bancaires.

Légère contagion sur les marchés américains qui reculent en moyenne de l’ordre de 2%. La qualité des publications économiques, qui confirme le rebond en cours du second trimestre, a donc limité le recul des indices US. Mais les secteurs les plus exposés au risque donnaient les plus fortes consolidations et les semi-conducteurs étaient fragilisés par l’avertissement de Micron technologie. Les défensives ont donc bien résisté dont la pharmacie.

Le Brésil, en dépit de ses difficultés économiques est un des rares marchés à s’être apprécié sur la période.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu