Viande in vitro

D’ici 45 ans, la production mondiale de viande aura doublé.

30 % des terres émergées de la planète sont d’ores et déjà utilisées à produire l’alimentation des animaux d’élevage. L’agriculture animale est également responsable de 70 % de la déforestation mondiale et dévore une bonne partie de nos ressources en eau potable, en nourriture comestible et en énergies fossiles.

Par conséquent, l’industrie agroalimentaire développe la viande du futur, produite artificiellement, avec un marché des protéines alternatives qui devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 6,4 % jusqu’à 2020.

L’un des principaux producteurs de viande au monde, Tyson Foods Inc., a récemment dévoilé un fonds de capital risque d’un montant de 150 millions de dollar dont l’objectif est de soutenir les start-ups spécialisées dans l’agriculture et la production alimentaire et se concentrant sur les problèmes de distribution, nutrition, gaspillage et sécurité.

Les alternatives à la viande les plus prometteuses sont notamment les solutions végétariennes (à base de plantes) et la viande produite en laboratoire.

Les substituts à base de plantes sont passés d’un marché de niche à une offre plus grand public. A 3,5 %, la croissance de l’industrie des boissons et produits alimentaires à base de plantes est deux fois plus forte que celle de l’industrie agroalimentaire globale, avec des ventes qui devraient atteindre les 5 milliards de dollars d’ici 2020.

Les partisans de ce mouvement estiment que les nouveaux produits végétariens sont plus sains et moins chers que leurs homologues protéinés, et surtout qu’ils ont un impact beaucoup plus faible sur l’environnement.

De la prolifération des “super-aliments” aux viandes végétales, en passant par les imitations fromagères à base de soja ou les morceaux de poulet à base de céréales, le marché se développe.

La viande in vitro est encore un marché très jeune, toutefois plein de potentiel. Selon une étude de l’Université d’Oxford, cette industrie aurait en outre une empreinte carbone beaucoup plus faible que la production ordinaire bovine, porcine et même avicole.

Même si vous ne trouverez pas encore de viande artificielle dans votre supermarché habituel, des progrès énormes ont été réalisés. Le premier steak haché en tube mondial coûtait la modique somme de 330 000 dollars en 2013. Aujourd’hui, son prix est déjà descendu à 11 dollars.

Alors que la science agroalimentaire avance et que ces substituts ont de plus en plus le goût et la texture des véritables produits, les producteurs de viande pourraient commencer à défendre leur bifteck et l’environnement profiter d’un peu de répit.