Une nouvelle dialectique de la Réserve Fédérale

Edito de Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion, à propos de la politique monétaire. 

Au cours de sa dernière réunion de politique monétaire, la Banque Centrale américaine a introduit un nouveau terme dans son approche sur l‘inflation : elle cite désormais un objectif symétrique à 2%. Quel message l’institution monétaire veut-elle faire passer par cette notion de « symétrique » ?

A priori, elle sous-entend qu’elle peut laisser l’inflation dépasser les 2% temporairement, sans provoquer de sa part de sur-réaction dans la séquence de hausse de taux d’intervention. Il s’agit là, à la fois, d’un message vis-à-vis des marchés à qui elle rappelle sa volonté de réagir graduellement dans sa politique de hausse de taux mais probablement aussi d’un moyen d’exprimer qu’elle n’a pas encore de certitude que cette inflation installée au-delà de son objectif de 2% soit définitivement acquise face aux freins structurels à la hausse des prix.

Enfin, nous pouvons aussi nous demander si cela ne valide pas notre sentiment que les Banques Centrales, dans l’obligation de sortir de leurs politiques monétaires ultra accommodantes post crise, veulent aussi limiter la progression des taux longs au regard d’un niveau d’endettement public encore conséquent dans certains pays, à commencer par les Etats Unis où le déficit budgétaire va se creuser pour atteindre 5%sur le PIB annuel d’ici 2 ans.

Portés en partie par une liquidité encore abondante et une croissance toujours positive, les marchés retrouvent un trend haussier de court terme, aidés aussi par la relance des programmes de rachats d’actions et des opérations de fusion/acquisition en plein essor.

Mais des risques perdurent, qu’ils soient géopolitiques ou commerciaux. La Réserve fédérale ne veut certes pas de constitution de bulles mais ne veut pas pour autant rejouer le pompier suite à un nouveau krach.