Un TRUMP dans un magasin de porcelaine.

Edito de Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion, à propos du rapport de gestion de février 2018.

En dépit d’un léger fléchissement de certains indicateurs économiques, l’activité mondiale reste sur une dynamique porteuse, sans subir pour l’instant de pressions inflationnistes. Le retour progressif à des politiques monétaires normalisées doit être perçu comme la fin de la période d’assainissement post crise et témoigne d’un retour à une normalité permettant de réduire les excès de liquidités. Une croissance positive, accompagnée de publications de résultats globalement satisfaisantes, permet donc d’envisager un paysage boursier certes plus volatile que l’an passé mais qui a les moyens de rester sur un trend positif.

Certains risques demeurent néanmoins mais ils peuvent facilement être appréhendés ou surveillés comme le comportement des taux longs ou les variations des données inflationnistes. Sans être totalement paisible, l’environnement reste donc porteur même si nous pouvons nous interroger sur la nécessité voulue par certains de s’activer sur la composante demande via des politiques de relance sans s’interroger sur la problématique de l’offre et sans occulter la problématique du non désendettement des Etats. Il ressort de ces différentes données que tout scénario de récession ou de nouvelle crise économique est pour les mois à venir, écarté.

Mais le danger ne vient jamais de là où on l’attend, comme les krachs boursiers trouvent rarement leurs sources dans les scénarii potentiels évoqués par les grands stratèges.

L’imprévisible élément perturbateur des marchés réside dans la personnalité du Président Trump qui accélère certaines décisions populistes en vue des élections de mi-mandat et voit, au fur et à mesure, ses conseillers modérés l’abandonner. Ses velléités protectionnistes sont une hérésie et font douter qu’il ait pu être un chef d’entreprises, encore que dans un secteur immobilier quasiment domestique.

Un retour au protectionnisme, non seulement nous remémore les prémices d’années passées douloureuses mais serait à même de déclencher des guerres commerciales avec des conséquences inévitables sur l’inflation via les taxes douanières.

Décidément, il est difficile de « pricer » Trump dans les anticipations du marché.