Un rythme lent et régulier

Malgré les craintes très répandues de catastrophe imminente, suscitées par des événements comme le vote en faveur du Brexit, les perspectives économiques mondiales restent légèrement favorables.

 

Même avant la décision fatidique du Royaume-Uni, les perspectives de l’économie mondiale paraissaient de plus en plus défavorables à de nombreux observateurs.

Le Fonds monétaire international, par exemple, a réduit ses prévisions concernant la croissance mondiale en 2016 de 3,6 à 3,4 % en janvier, puis à 3,2 % en avril, un chiffre à peine plus élevé que le taux de 3,1 % affiché l’an passé.

Nous sommes conscients de l’existence de nombreux facteurs de risque au second semestre, mais pensons néanmoins que le PIB mondial progressera d’environ 3 % en 2016.

Examinons tout d’abord la santé de la plus grande économie mondiale. Après un premier trimestre décevant, avec une hausse du PIB à peine supérieure à 1 %, l’économie américaine a progressé au deuxième trimestre, avec une croissance qui devrait atteindre près de 3 %.

La consommation des ménages en est le principal moteur, reflétant le plus faible taux de chômage enregistré aux États-Unis depuis 2008 et le plus faible nombre de demandes d’indemnisation chômage depuis 1970. En conséquence, les salaires américains commencent à augmenter, ce qui continuera à étayer la confiance des consommateurs et accentuera les dépenses des ménages au second semestre.

Toutefois, à l’heure actuelle, les investissements américains sont dominés par l’épargne et la croissance de la productivité reste faible, comme dans le reste du monde. En témoigne le niveau de confiance plus faible dans le secteur manufacturier que dans le secteur tertiaire, une tendance que l’on retrouve elle aussi à l’échelle mondiale.

Néanmoins, l’orientation positive des commandes et la forte croissance de l’activité de prêt confortent notre opinion selon laquelle les États-Unis devraient connaître un bon second semestre qui pouurait se solder par une septième année consécutive de croissance supérieure ou égale à 2 %.

Parallèlement, les pressions inflationnistes continueront à s’accumuler aux États-Unis, de même qu’ailleurs, notamment en Chine où les prix à la production devraient repartir à la hausse. De fait, l’inflation pourrait être l’élément déclencheur de la prochaine hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale, probablement en décembre.

Dans la mesure où la Fed tient également compte du sentiment d’incertitude dans son processus décisionnel, la situation relative à la campagne présidentielle pourrait influer sur la confiance, surtout si l’imprévisible Donald Trump semble avoir une chance solide de s’imposer dans la course à la Maison-Blanche.

De même, la politique de la Banque centrale européenne continuera d’être influencée par les retombées du Brexit. Si elle se prolonge, l’incertitude politique pèsera plus lourdement sur l’économie britannique, mais elle influera également sur les perspectives de la zone euro, où, après un solide premier semestre et même après le vote en faveur du Brexit, une croissance annuelle du PIB de 1,5 % semble réaliste.

L’incertitude face aux résultats du référendum italien sur sa réforme constitutionnelle et son « bad bank plan », ainsi que les élections législatives prévues l’an prochain en France, en Allemagne et aux Pays-Bas figureront également au coeur des préoccupations des décideurs économiques.

Pendant ce temps, la croissance japonaise restera morose. Les pays émergents exportateurs de matières premières connaîtront une légère reprise liée à la hausse des cours. Bien que peu probable et ne constituant pas notre scénario de référence, la possibilité d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise ne peut être écartée.

L’économie mondiale a certes connu des jours meilleurs, mais le rythme lent et régulier d’expansion mondiale se maintiendra.

 

Article rédigé par le KBL epb