Rule Britannia !

À quel point le Brexit risque-t-il de peser sur une économie britannique dont le ralentissement est déjà engagé ? 

Une étude approfondie de l’impact d’un vote en faveur d’une sortie de l’UE sur l’économie britannique a été réalisée en début d’année, bien avant que le moindre bulletin ne soit déposé dans les urnes.

Selon cette analyse réalisée par le ministère des Finances britannique, l’économie du pays perdra un total de 6,2 % d’ici à 2030. Ce chiffre équivaut à une baisse d’environ 0,5 % de la croissance annuelle du PIB.

Mais l’impact à court terme devrait être encore plus important.

Le ministère des Finances a estimé que dans un scénario « choc » impliquant une forte montée des incertitudes, le Brexit « pousserait le Royaume-Uni en récession et entraînerait une forte hausse du chômage ».

Cette projection se situe à l’extrémité la plus pessimiste de la fourchette de prévision des banques d’investissement, qui prévoient un impact négatif à court terme de 1 à 2 % sur la croissance du PIB. Dans la mesure où le taux annuel de croissance intérieure évolue actuellement autour de 2 %, ces prévisions laissent entrevoir un risque non négligeable de récession l’an prochain.

Le fait est que nul ne sait réellement comment l’économie du Royaume-Uni s’en tirera hors de l’UE, pas même le ministère des Finances britannique. Ce que l’on peut affirmer en revanche, c’est que les conséquences sont beaucoup plus susceptibles d’être négatives que positives, tout au moins à court terme.

L’activité économique s’articule essentiellement autour des décisions relatives aux dépenses, et l’incertitude actuelle limite manifestement cette activité. En outre, les échanges commerciaux avec l’Europe représentent 13 % du PIB britannique ;la perspective d’une perte d’accès au marché unique constitue donc un danger bien réel.

De toute évidence, l’économie britannique paraît vulnérable. Mais si le Royaume-Uni avait fait partie de la zone euro, les conséquences du Brexit auraient été bien plus graves.

La livre sterling a fortement chuté suite au vote et, s’il se maintient, ce phénomène devrait apporter un soutien important à l’économie.

Le gouvernement et la Banque d’Angleterre ont également la possibilité d’intervenir en cas de risque de dérapage de l’économie. Les objectifs politiques plus généraux de restriction budgétaire, réduction de la dette et maîtrise des pressions inflationnistes devront vraisemblablement être relégués à l’arrière-plan pendant un certain temps.

La Banque d’Angleterre pourrait ainsi être contrainte de modérer ses propos anti-inflationnistes, une baisse des taux semblant désormais opportune.

Mais qu’en est-il du risque d’inflation lié à la faiblesse de la livre et de ses conséquences sur les prix à l’importation ?

Il est difficile d’envisager l’émergence d’une grave menace inflationniste pour le Royaume-Uni alors que la plupart des autres banques centrales à travers le monde luttent contre le risque de déflation.

Bien que le Chancelier de l’Échiquier ait récemment déclaré qu’une augmentation des impôts et des réductions budgétaires étaient nécessaires, les circonstances extraordinaires dans lesquelles le pays se trouve aujourd’hui offrent encore l’occasion au gouvernement de desserrer le carcan de l’austérité.

La menace, brandie avant le référendum, d’un budget d’urgence axé sur une hausse des prélèvements fiscaux semble totalement décalée par rapport aux risques économiques à court terme que présente aujourd’hui la sortie imminente du Royaume-Uni de l’UE.

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Article rédigé par KBL epb