Retour sur les taux

La remontée des niveaux d’inflation mais surtout des anticipations de hausse des prix avait fait dire à certains que la B.C.E n’irait pas au terme de son Quantitative Easing. Il n’en sera rien d’abord parce que l’inflation n’atteindra pas logiquement le niveau des 2% avant septembre 2016. Au niveau de la FED, la préparation minutieuse de la première hausse des taux est une constance dans les discours même si les avis restent partagés entre une action pour le mois de septembre ou pour la fin de l’année. Quoiqu’il en soit, le plus important reste le fait que Mme Yellen répète à l’envi que la hausse sera progressive et dépendra de la qualité de l’activité économique. Ceci devrait avoir pour mérite de ne pas provoquer de trop grandes perturbations sur les marchés.

En fin de mois et à l’appui d’une inflation en net recul, la banque centrale chinoise a fait ce que nous attendions soit une baisse de son taux d’intervention et une nouvelle baisse des réserves obligatoires des banques. La banque de Chine participe à l’effort régulier du pouvoir de mettre en oeuvre les soutiens à la croissance du PIB.

La surprise aura été la décision de la Banque du Japon de ne pas modifier son programme d’achats en l’amplifiant comme nombre d’entre nous l’attendaient au cours de cet été. Il est vrai que les dernières indications sur la conjoncture attestent de l’amélioration de l’activité mais l’objectif d’inflation de 2% reste éloigné.

L’explication totalement justifiée, de la banque centrale japonaise, est de ne pas provoquer un nouvel affaiblissement du Yen par cette action complémentaire.

D’une part, les exportatrices japonaises ont déjà retrouvé de la compétitivité mais la balance commerciale subit de plein fouet le renchérissement des importations.

Face à un environnement difficile, la banque de Corée a baissé son taux d’intervention de 0.25% à 1.50%.

En Inde, baisse de 25 centimes à 7.25% et ce en dépit d’une légère remontée de l’inflation sur le mois à 5.01%.

Le Brésil continue son combat contre l’inflation et en dépit d’une activité économique toujours en dégradation, a remonté le taux Selic à 13.75% soit +0.50%.

Point sur les taux longs :

L’inévitable future remontée des taux de la FED a influencé le marché obligataire américain en provoquant une légère hausse du rendement de l’emprunt à 10 ans. En toute logique, ce mouvement devrait se poursuivre sur les mois à venir et un objectif consensuel de 2.9% est visé pour mi 2016. Notons que ce niveau satisfera les fonds de pension qui retrouveront la rentabilité nécessaire au règlement des rentes.

D’une manière générale, nous avons assisté à une poursuite de la repentification de la courbe des taux.

Les déboires des négociations grecques ont inévitablement détérioré les spreads entre pays périphériques et pays core. Le 10 ans Allemand servant même de refuge pendant cette période. Mais en tout fin de mois, nous avons assisté à une réelle accalmie sur les 10 ans

Espagnols, Italiens et Portugais, traduisant le fait que les investisseurs écartaient le risque de contagion. Ne serait-ce par la capacité de la B.C.E d’agir en conséquence.

Nous n’avons pas assisté donc à de fortes tensions y compris sur les crédits Corporate.

La raréfaction des émissions des emprunts souverains en zone euro, au cours de l’été, devrait remplir un rôle de support sur les taux, ceci face au programme d’achats de la B.C.E.

Le rendement du Gilt britannique a suivi le mouvement ascendant d’autant plus que la croissance du PIB a été revue en hausse et que la Banque d’Angleterre devrait suivre la FED dans la remontée des tauxun retour sur des niveaux de taux ante crise.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu