Point sur les taux longs

Article de Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion, à propos des taux longs. 

Les marchés obligataires souverains se sont bien comportés, comme reprenant leur rôle de « Flight to quality » en relation avec la baisse des marchés actions. Nous avons donc vu effectivement le point haut du rendement du 10 ans américain à 2.951% le 21 février pour revenir sur 2.74% ce dernier jour du mois de mars.

Les attentes de politique monétaire de la FED agissent sur la courbe des taux US avec un spread entre le taux du 5 ans et le taux du 30 ans qui touche un point bas en passant sous les 50 centimes. Le spread entre les rendements américains à 10 et à 2 ans s’est resserré de plus de 30 centimes supplémentaires depuis mi-février soit 50 centimes d’écart, des niveaux non observés depuis 2007.

La bonne tenue de ce 10 ans américain ne traduit donc pas de fortes anticipations inflationnistes et d’une nouvelle accélération de la croissance.

Au sein de la zone euro, les taux offerts par les crédits souverains se sont aussi contractés par rapport au mois dernier bénéficiant toujours de la politique expansionniste de la B.C.E. Les écarts de taux périphériques/ Bund allemand ont une fois de plus diminué. L’Espagne bénéficie d’une amélioration de son rating par les agences de notation et sa dette surperforme significativement avec un spread contre Bund de 70 centimes contre 113 en début d’année. Même le risque politique italien n’aura pas influencé les BTP souverains passant d’un écart de 160 centimes début d’année à 130 centimes à fin mars.

Le marché primaire a affiché des volumes records depuis deux ans mais en privilégiant le segment investment grade. Inversement, la baisse des actions sous-jacentes et les nouvelles émissions ont porté préjudice aux marchés secondaires. Sur les crédits High Yield, il y eut des sorties nettes de capitaux.