Point sur les taux longs

Article sur les taux longs, par Pascal Bernachon, directeur de la gestion KBL Richelieu Gestion.

Si depuis mi-décembre, le taux de l’emprunt d’Etat américain à 10 ans a entamé une remontée graduelle, celle-ci s’est accélérée pour atteindre un pic de 2.844% début février. Cette accélération est concomittante à la fois à l’annonce d’un plan futur d’infrastructures de 1500 milliards de dolars par le Président Trump mais surtout à la hausse annoncée du salaire horaire moyen de 2.9% et ses conséquences sur l‘inflation.

La tension sur les obligations américaines a touché l’ensemble de la courbe des taux soit une hausse de 26 pdb à 2,14% pour le rendement de l’emprunt à 2 ans.

Des propos jugés plus restrictifs de la part de M. Draghi ont influencé le rendement du 10 ans allemand qui s’est inscrit à 0.70%, hausse qui suivait, cela va de soit, celle des rendements des Treasuries US. En janvier, les obligations des pays péripheriques se sont bien comportées avec des spreads qui se sont rétrécis consécutivement aux relevement des notations de l’Espagne et de la Grèce. L’emprunt Italien a moins performé mais ne subit pas de pression à l’approche des élections du mois de mars.

Le Gilt britannique a suivi les tensions constatées sur le 10 ans américain.

Si les obligations Corporate et High Yield ont bien tenu sur fin janvier, la deuxième classe d’actif a subi des dégagements en relation avec la baisse des actions compte tenu de leur corrélation.

Au moment où les investisseurs se voient confrontés au nouveau paradigme que représente une croissance avec inflation, certains ont tendance à surestimer son niveau futur et ceci explique en partie les tensions que nous avons pu constater. Cependant, en l’état actuel de nos perspectives, nous maintenons un objectif de 2.8% à 3% sur le rendement du 10 ans américain considérant donc qu’une bonne partie du chemin de sa dégradation est consommée.

Notons le nombre d’émissions en début d’année avec 72 milliards d’euros émis en zone euro dont l’Espagne qui refinançait 10 milliards d’euros face à une demande de la part des investisseurs à hauteur de 43 milliards d’euros