Point sur les taux longs

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

Sur une lecture purement technique chartiste, la sortie par le haut du rendement de l’emprunt d’Etat américain au-delà de 2.40% avec un taux de 2.462% le 23 octobre ouvrait la porte à une extension possible sur 2.60%. Fort heureusement, il est revenu en arrière sous les 2.40% dans les séances suivantes.

Les discours des banquiers centraux et l’absence de fortes tensions inflationnistes permettent de maintenir ces taux à des niveaux relativement bas.

Le maintien de ces taux sur de tels niveaux aide effectivement l’économie réelle et la solvabilité des emprunteurs. Ce qui apparaît plus que nécessaire au regard de la dette mondiale en nette croissance. Certains s’inquiètent néanmoins des effets potentiellement néfastes de telles conditions de crédit qui pourraient pousser les entreprises à emprunter pour des investissements inefficaces à augmenter le taux de d’endettement. L’absence de rentabilité de ces placements sur certaines classes d’actifs peuvent aussi pousser à la prise de risque sur d’autres classes d’actifs.

Mais nous pensons toujours que la volonté (non avouée) des banquiers centraux est de maintenir ses taux le plus longtemps possible au regard des niveaux d’endettements publics.

(cf tableaux ci-joint sur les anticipations de taux longs)

Sur les emprunts de la zone euro, le message « accommodant » de la B.C.E a permis aux rendements de se contracter et particulièrement sur les emprunts des Etats périphériques. L’Italie s’est distinguée avec un spread qui s’est réduit face au Bund, facilité par le relèvement de notation de la dette italienne par l’agence S&Poors.

Sur les marchés de taux, les investisseurs restent à l’achat comme le démontre la demande de 25 milliards sur une émission High Yield d’une société qui émettait que 7 milliards. Le High Yield s’est du reste bien comporté sur le mois reprenant un peu de hauteur avec une performance annualisée de 6.3%.

A contrario, le marché obligataire chinois a été plus volatile et a subi une baisse relativement forte après la fin du Congrès du Peuple. Les investisseurs s’attendent à un durcissement des mesures de la part des autorités afin de réduire l’endettement des entreprises. De plus, l’annonce de deux taux de défaut a participé à cette dégradation.