Point sur les taux courts

Article de Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion, à propos de l’actualité des taux courts. 

Les investisseurs ont finalement prêté peu d’attention à la réunion de la B.C.E n’attendant aucune modification ou préannonce qui leur permettrait d’anticiper la fin du Quantitative Easing même si septembre prochain semble être la plus forte probabilité. Statu quo donc et M. Draghi a reconnu que les récents indicateurs suggéraient une « modération » des perspectives de croissance. Toutefois, il a indiqué que le Conseil des gouverneurs attendait toujours une croissance relativement solide et restait confiant sur les perspectives de remontée de l’inflation.

La réunion de la Réserve Fédérale n’a pas apporté non plus de certitudes permettant de choisir entre le camp des investisseurs attendant 3 hausses de taux supplémentaires cette année et ceux qui restent sur les deux hausses initiales, la prochaine étant attendue pour le mois de juin. Cependant, cette réunion a apporté une novation en évoquant un niveau symétrique de l’inflation. Terme un peu barbare mais qui exprime le fait que la FED ne sur-réagira pas au fait que l’inflation puisse accélérer temporairement et se veut juge de celle-ci dans la durée. Non seulement ceci nous rappelle la volonté de gradualité de la politique monétaire mais ceci nous apparait aussi comme la volonté farouche de limiter autant que cela se peut la hausse des taux longs. Nous restons, pour notre part, dans une perspective de 3 hausses de taux en 2018.

La Banque du Canada a comme attendu maintenu ses taux d’intérêt inchangés mais en faisant état de progrès sur le front des salaires et de l’inflation qui, selon elle, pourront justifier des taux d’intérêt plus élevés avec le temps.

Les commentaires du Gouverneur de la Banque d’Angleterre, Sir Mark Carney, ont une fois de plus surpris en prônant l’attentisme sur la politique monétaire. Certes, l’inflation a légèrement reculé mais les investisseurs s’attendaient à l’annonce d’une prochaine hausse de taux qui est donc décalée dans un temps non connu. Cette décision pourrait donc fragiliser de nouveau la devise britannique et donc refaire partir l’inflation.

Bien entendu, la Banque du Japon maintient sa politique monétaire accommodante et 7 membres de l’institution sur 9 entrevoient des risques baissiers sur la croissance.

La banque centrale suédoise, inquiète de la faiblesse de l’inflation, a reporté une nouvelle fois le relèvement de son taux d’intérêt directeur qu’elle a maintenu aujourd’hui à -0,5% comme attendu. La Riksbank maintient ses taux en territoire négatif depuis le début 2015 et sa politique monétaire pose de plus en plus question au regard du dynamisme de la croissance, qui devrait atteindre 2,6% cette année.

La banque centrale argentine a relevé son taux d’intérêt de référence de 27,25% à 30,25% pour freiner la dévaluation du peso qui s’est par la suite stabilisé à 20,88 pour un dollar américain.