Point sur les taux courts

Article sur les taux courts, par Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion. 

La B.C.E a apporté un seul changement dans sa politique monétaire future en précisant qu’elle renonce à son engagement d’augmenter si nécessaire le montant mensuel de ses rachats d’actifs, qui avait été introduit en 2016. Mais elle se réserve néanmoins la possibilité de prolonger ses achats le cas échéant, après fin septembre de cette année. La remontée du taux directeur de la Banque Centrale n’est toujours pas d’actualité puisque ses prévisions d’inflation sont de 1.4% pour cette année et de 1.7% en 2020. Bien entendu, M. Draghi a évoqué les effets de la hausse de l’euro et le risque que pourraient représenter les barrières douanières.

La Réserve Fédérale n’a pas modifié le constat précédent sur l’activité et un retour prévu de l’inflation dans la zone cible de l’institution. Si certains anticipaient, à contrario de nous, une quatrième hausse de taux au cours de cette année, le Président de la FED a clairement énoncé qu’il s’en tiendrait à 3 pour cet exercice dont celle qui fut activée au cours de ce mois. Par contre, les prévisions pour l’exercice prochain ont été modifiées en portant les hausses de taux à 4 opérations en 2019.

Alors que le Gouverneur de la Banque Centrale évoque que des discussions ont bien pris corps entre les membres de l’institution concernant une éventuelle prochaine sortie de sa politique d’achats d’actifs, la Banque du Japon a poursuivi ses achats d’obligations mais pour un montant annuel en retrait soit 54.000 milliards de yens à fin mars contre un objectif annuel de 80.000 milliards.

A contrario, ses achats indirects sur le marché action ont battu des records de 833 milliards de yens (soit environ 6,5 milliards d’euros) en ETF (fonds indiciels cotés) actions au cours du mois dernier, selon les chiffres publiés par l’autorité monétaire. Sur les trois premiers mois de l’année, les rachats d’ETF se montent ainsi à un record trimestriel de 1.900 milliards de yens depuis le début du programme fin 2010, ce qui représente 32% de son objectif annuel. La Banque du Japon détenait déjà à fin octobre dernier 74% des ETF actions japonaises en circulation, et leur poids aurait contribué à hauteur de 15%

La Banque nationale suisse a annoncé le maintien de son objectif de fluctuation du taux Libor à 3 mois entre -1,25% et -0,25% et du taux de -0,75% sur les dépôts à vue. Elle poursuit sa politique monétaire expansionniste considérant le niveau du Franc suisse toujours élevé. Elle poursuivra donc sa politique d’intervention sur le marché des changes. La B.N.S a également revu légèrement à la baisse ses projections d’inflation à seulement 0,6% fin 2018, et 1,2% fin 2019, et ne prévoit un retour à son objectif de 2% qu’au cours du troisième trimestre de l’année 2020.

La Banque Centrale de Norvège a laissé son principal taux directeur inchangé mais a précisé que les taux seraient probablement relevés après l’été 2018.

La Banque Centrale du Brésil a réduit une nouvelle fois le taux d’intervention Selic d’un quart de point à 6,50%, portant à 7,75 points sa réduction depuis octobre 2016. Toujours influencée par la baisse de l’inflation, elle a laissé entendre qu’elle procèderait sans doute à une nouvelle réduction à l’issue de sa réunion de mai.

La Banque Populaire de Chine a remonté son taux reverse-repo 7 jours de 5 centimes en réponse à la hausse des taux US. Son nouveau gouverneur a estimé qu’il y a encore de la place pour un resserrement de l’écart entre taux longs et taux courts afin d’accroitre l’impact de la politique monétaire dans l’économie chinoise. L’institution s’est retrouvée avec des pouvoirs élargis en terme de supervision des banques et des assurances et disposera alors de plus de leviers d’action.