Point sur les taux courts

Article sur les taux courts, rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion KBL Richelieu Gestion. 

Les dernières publications ont démontré, aux Etats Unis, un marché de l’emploi toujours porteur et une hausse du coût salarial. Pour autant, nous ne modifions pas notre point de vue actuel sur 3 hausses de taux dont la première surviendra en mars pour la dernière réunion de la FED de Mme Yellen. Le successeur de Mme Yellen s’inscrira, selon nous, dans la continuité de la Présidente qui suivait elle-même la ligne de M. Bernanke. En conséquence, le terme de graduel dans la normalisation de la politique monétaire restera constant. Mais il est évident que dans l’attente de son premier discours es-qualité, les investisseurs peuvent faire preuve d’une certaine inquiétude.

Inversement, si la B.C.E se devra de nous préparer à une politique monétaire plus normalisée en annonçant à l’automne une nouvelle modification (voir un arrêt) de son programme d’achats, nous n’attendons pas de sa part de hausse des taux en 2018, ce qui a été confirmé par son Président au cours de sa dernière réunion.

Suite au retour d’une inflation et d’un PIB en territoire positif, les investisseurs envisagent que la banque du Japon ne puisse justifier la permanence de sa politique monétaire et suivre par conséquent ses consœurs américaine et européenne. Le risque principal, dans ce cas, est de

provoquer une forte réappréciation du yen et donc de fragiliser le Nikkei alors que les exportatrices ont été les meilleures contributrices des derniers mois. Face à ces questionnements, le Gouverneur de la banque centrale a réitéré sa volonté de statu quo et a même appuyé ses propos par des actes en augmentant les montants d’achats d’obligations de l’ordre de 2.5 milliards d’euros.

Ceci particulièrement au moment où les taux longs américains et européens se tendaient et amenaient le 10 ans Japonais sur un taux de 0.09%, soit au plus proche du niveau de tolérance de la B.O.J à 0.10%. Rappelons que le déficit budgétaire japonais est le plus élevé des pays de l’OCDE avec 250% de dettes sur PIB.

Certes, cette dette japonaise est essentiellement détenue par les investisseurs japonais (dont la banque centrale) et le système bancaire japonais. Elle se trouve donc à l’abri d’une attaque spéculative de la part des non-résidents mais une hausse brutale des taux aurait certainement des répercussions des plus négatives pour le système bancaire domestique.

La Banque du Canada a relevé son principal taux directeur d’un quart de point, comme prévu pour le porter à 1.25%. Son Gouverneur a laissé entendre que si de nouvelles hausses lui paraissent justifiées, il a précisé qu’une certaine souplesse monétaire resterait probablement nécessaire.