Point sur les taux courts

Article sur les taux courts rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion. 

Combien de hausses des taux de la part de la Réserve Fédérale en 2018 ? Logiquement trois selon les anticipations des marchés et suite aux discours de ses membres. Mais ces anticipations peuvent être modifiées en fonction de l’évolution de l’inflation et sous l’influence des membres votants. Si son futur Président, qui remplacera Mme Yellen , reste dans la même philosophie de pensée, nous ne pouvons ignorer que l’équilibre entre les « Colombes » et les « Faucons » s’inversera en faveur des puristes de la pensée monétaire. Nous devrions donc avoir des taux d’intervention qui passeraient de 1.5% à fin 2017 pour atteindre 2.25% à fin 2018 et poursuivre ce mouvement sur le même tempo en 2019.

Au sein de la B.C.E où Mr Draghi poursuivra son mandat jusqu’en 2019, les candidats potentiels à l’investiture montrent déjà une certaine impatience, particulièrement le Gouverneur de la Bundesbank qui convoite ardemment la place pour restaurer   l’orthodoxie allemande en ignorant trop souvent que la B.C.E  gère la politique d’une zone euro et non pas d’une seule Allemagne florissante. Lors de sa dernière réunion, la BCE n’a pas opéré de changement dans ses outils de politique monétaire conventionnelle (maintien des taux directeurs stables) et non conventionnelle (cible mensuelle d’achats d’actifs à 30 MM€). La très forte révision de la croissance en 2018 de 1,8% à 2,3% n’a pas modifié une vision plus haussière quant à la trajectoire de l’inflation sous-jacente. L’arrêt des achats d’actifs reste donc conditionné au chemin de l’inflation et sa capacité à se redresser vers la cible de 2%. En attendant, les achats d’actifs se maintiendront jusqu’au mois de septembre et c’est la photo des prix qui déterminera soit l’arrêt, soit la poursuite de ce Quantitative Easing.

La stabilité de la Livre sterling (avec même un rebond de celle-ci), et les moindres progressions salariales avec un marché du travail qui montre des signes d’essoufflement justifient désormais un statu quo de la Banque d’Angleterre.

La banque centrale suédoise, a décidé de monter à bord du train de la normalisation monétaire mais sans se presser. A l’issue de sa dernière réunion de politique monétaire de l’année, la Riksbank a annoncé qu’elle commencera en janvier 2018 à stabiliser la taille de son bilan à 290 milliards de couronnes suédoises à fin 2017, mais restera active sur le marché obligataire en réinvestissant ses coupons arrivant à échéance et ses remboursements. Les premiers s’élèveront à 15 milliards de couronnes entre janvier 2018 et juin 2019 et les seconds à 50 milliards au premier semestre 2019.La Riksbank a également confirmé que son taux Repo ne remonterait pas avant mi-2018

Le nouveau gouverneur de la banque du Mexique a relevé le taux de 25 centimes soit désormais 7.25% en raison de hausse de l’inflation (6.77%). La conjoncture reste favorable mais les négociations NAFTA (USA/Canada/Mexique) présentent des risques de ralentissement d’activité en cas de fort protectionnisme américain. Ceci justifie un statu quo de la part de la banque Centrale dans un premier temps.

La banque centrale russe a surpris en baissant son taux repo de 50 centimes pour le ramener à 7,75%. La décision s’est appuyée sur la faiblesse de l’inflation qui, à seulement 2,5%, devrait rester bien inférieure à son objectif médian de 4%. Il est vraisemblable que la poursuite de mouvement s’étende dans les premiers mois de l’année.

Le 6 décembre, la banque centrale brésilienne a abaissé comme attendu son taux directeur, le Selic, de 50pdb à 7%.