Point sur les taux

Les Taux longs

Avec un point bas de 0.04% pour le rendement du 10 ans Allemand au cours du mois, la remontée de ce taux à 0.365% représente une dégradation notable. Deux explications à ce mouvement : d’une part, nous avons assisté à une franche remontée des anticipations d’inflation (sujet que nous développerons dans le chapitre du même nom), mais aussi l’arrivée d’une hausse des émissions souveraines au cours de mois de mai. Elles seront exceptionnellement supérieures aux montants rachetés par la Banque Centrale. En toute logique, nous devrions donc assister, à postériori, à une nouvelle baisse des rendements.

Le taux du 10 ans Grec a subi de fortes variations au gré des informations relatives aux avancées de discussions entre créanciers et Syriza. Le rendement du 10 ans Grec est passé de 12% à 10.34% et le rendement de la dette à 2 ans offre un taux de 19%.

Certains se sont inquiétés des implications d’un défaut Grec dans les bilans des entreprises financières (Banques et Assurances). Les dernières données en notre possession montrent que le poids de cette dette est désormais minimisé au sein de leurs portefeuilles respectifs.

A contrario, certains Hedge Funds ont été des acquéreurs de ce papier, faisant le pari que le

« Grexit » était politiquement non envisageable.

Le niveau des taux d’intérêt a suscité encore ce mois- ci, de nombreuses émissions obligataires Corporate.

TABLEAU- Taux longs

Les taux courts

La faiblesse de l’inflation a permis pour certaines banques centrales de poursuivre l’assouplissement monétaire favorisant les espoirs de reprise d’activité. L’amélioration notable du Rouble a permis aussi à la Banque Centrale Russe de baisser son taux d’intervention.

En Suède, les autorités monétaires ont opté pour une hausse du programme d ‘achats plus qu’une nouvelle baisse des taux en territoire négatif.

Les investisseurs attendent pour les mois à venir de nouvelles décisions tant de la Banque de

Chine que de la Banque du Japon. Cette dernière va devoir réagir face à une inflation qui, hors les données saisonnière ou effets induits de la hausse de TVA, reste proche de zéro.

On ne compte plus les interventions orales des membres de la Réserve Fédérale (votant ou non votant) justifiant pour certains la nécessité de remonter les taux rapidement et d’attendre patiemment pour les autres. Bien sûr, les dernières publications ont repoussé les anticipations pour le troisième trimestre (74% des investisseurs).

Nous serions tentés de dire « Qu’importe », le sens du mouvement est là et ce n’est pas une histoire de 3 ou 5 mois d’attente. Le plus important sera bien dans la nature du mouvement soit son amplitude. Considérant que la croissance US restera sous son potentiel passé et que les pressions inflationnistes restent mesurées, la FED devrait agir sans mouvement brutal.

L’art restera dans la capacité à distiller ce message et en assurer la crédibilité. De cela, dépendra la réaction des marchés, taux comme actions.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu