Point sur les devises

Article sur l’actualité des devises, par Pascal Bernachon, directeur de la gestion KBL Richelieu Gestion. 
Nous rappelons que nous maintenons pour les périodes à venir une possibilité de rebond du dollar, plus pour des raisons techniques en raison de positions longues conséquentes sur l’euro mais optons toujours pour un dollar affaibli au cours de cet exercice. L’objectif d’un Euro/dollar sur 1.28 étant notre cible.

Vers le fin de l’année, une modification possible de la politique de la B.C.E apportera un support complémentaire à la devise communautaire, le dollar subissant, lui, la dégradation du déficit budgétaire américain.

La Livre sterling subira des vents contradictoires, un soutien via des anticipations de hausse des taux de la Banque d’Angleterre mais à contrario, le risque de tensions dans le cadre du Brexit pourrait l’affaiblir alors que les prévisions de croissance du PIB sont revues en baisse pour 2018 et 2019.

 Le Yen devrait présenter plus de volatilité et la possibilité qu’il poursuive son appréciation ne peut être écartée. A la fois aidée par l’affaiblissement du dollar mais aussi par la perception par les investisseurs que la Banque du Japon ne pourra maintenir durablement sa politique monétaire aussi accommodante.

Nous devrions assister à une stabilisation des devises des pays émergents après le rebond de début d’année où les flux entrants dans cette zone furent conséquents. Elles pourraient néanmoins poursuivre leur progression en relation avec la bonne tenue des matières premières pour certaines et de généralement de la croissance de l’activité. Sur le mois, le Peso mexicain a reculé suite à des affaires de corruption du parti au pouvoir et des négociations avec les Etats-Unis sur l’Alena.

La devise chinoise a poursuivi sa progression contre dollar et gagne 2% depuis le début de l’année, soit + 8% depuis le début de l’année dernière. Les autorités chinoises ont néanmoins pris récemment des mesures pour freiner la remontée du yuan, avec un fixing quotidien orienté à la baisse depuis plusieurs séances et la suppression de l’intégration du facteur contra-cyclique dans le calcul du fixing. Les investisseurs étrangers ont participé à cette progression en acquérant pour 6,8 milliards de dollars d’obligations chinoises en décembre, mouvement appelé à se poursuivre puisque les titres chinois sont appelés à être intégrés au sein des grands indices obligataires émergents.

Dans la période de forte turbulence des marchés obligataires et actions, le Franc Suisse a servi de valeur refuge et s’est légèrement apprécié passant de 1.1837 à 1.1510 pour l’Euro/CHF. Mais la Banque Nationale Suisse veille au grain pour freiner cette appréciation.