Point sur les devises

Article sur le point sur les devises, rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion. 

Nous avons encore assisté à quelques tensions sur les taux longs en cette fin d’année, l’emprunt à 10 ans de l’Etat Américain flirtant avec la barre des 2.5% mais bien en dessous des prévisions de début 2017. Il a été plus sous l’influence des conséquences de la réforme fiscale sur le déficit budgétaire américain que la simple traduction des anticipations d’une reprise de l’inflation.

Nous n’avons pas assisté pour autant à une pontification de la courbe , l’écart entre le 2 ans et le 10 ans tombant à 75 centimes. Le court terme bénéficie des anticipations de remontée des taux de la FED.

La dette allemande a suivi dans une moindre mesure la courbe américaine avec un emprunt à 10 ans allemand (le Bund) sur des niveaux de 0.415%. Ceci résulte en partie de l’annonce d’un montant à refinancer en 2018 par l’état allemand, supérieur à ce qui était attendu auparavant.

Les élections en Catalogne n’ont pas impacté la dette espagnole dont l’écart de taux contre Bund est resté modéré, laissant entendre que le risque d’indépendance (non constitutionnelle) de cette région n’était pas le scénario des investisseurs.

Nous avions prévu à tort un rendement du 10 ans américain à 3% à fin 2017, nous serons donc plus prudents pour cette année avec un niveau de 2.75% à fin 2018. Ceci dépendra à la fois du comportement des investisseurs et surtout de l’évolution des prix mais, comme précité au paragraphe précédent, la liquidité disponible restera un facteur de soutien des marchés obligataires encore en 2018. Mais quoiqu’il en soit, nous sommes vraiment au terme de cette triple décennie de gains sur les marchés de taux longs et la cherté actuelle de l’ensemble de cette classe d’actifs allant du Corporate au High Yield laisse espérer peu de gains en 2018.

Nous restons favorables à une poursuite du resserrement des spreads périphériques contre Bund allemand. La dette portugaise a nettement bénéficié de l’amélioration de la notation du pays par les agences de rating. Le rendement de celle-ci est passé de 4.47% fin janvier à 1.874% fin décembre.

La dette chinoise se maintient sur des taux variant entre 3.80% et 3.95%.