Point sur le marché des actions

 

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Pascal Bernachon, Stratégiste chez KBL Richelieu

Si le référendum britannique avait jeté un froid sur les marchés actions fin juin, le mois de juillet s’est avéré favorable à cette classe d’actifs. Laquelle, en dépit de trous d’air parfois épidermiques, montre depuis des mois une incroyable résistance.

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La bourse américaine a battu un nombre incroyable de records successifs, portée en grande partie par des flux entrants réguliers. Le Brexit a effectivement créé une défiance sur les actions européennes provoquant un repli de la part des investisseurs américains. Ce furent donc de nouveaux flux sortants des places européennes et c’est parfois le tarissement des vendeurs qui permettaient d’accompagner plus modestement Wall Street.

Il est clair que les gestions sont nettement sous exposées aux actions européennes en dépit de quelques signaux d’amélioration de l’environnement mais face aux incertitudes que génèrent ce Brexit, comme cela le sera sur le maintien de M. Renzi à la tête de l’Italie.

L’absence de gouvernement en Espagne n’est pas considérée comme un handicap. Certes, s’il manque de l’appétence sur les actions européennes, force est de constater leur incroyable résilience dans un tel contexte.

Là, aussi, les banques centrales jouent un rôle prédominant à l’image du Nikkei qui a gagné près de 6% sur le mois en dépit de l’atonie du pays et d’un yen en hausse.

Sous l’influence des flux entrants, les places émergentes se sont relativement bien comportées. La stabilisation du dollar n’est pas étrangère à ce léger retour de confiance.

La bourse londonienne a peu progressé en juillet mais marque tout de même une belle  progression depuis le Brexit. Ceci résulte avant tout de la performance des actions internationales dont nombre de minières portées par la hausse des cours de l’or. De nombreuses sociétés du Commonwealth, donc extérieurs à la Grande Bretagne font partie de l’indice britannique. Signalons qu’un investisseur euro d’actions britanniques aurait vu son gain nettement minimisé par le change.

Nous ne commenterons pas les publications de résultats des entreprises américaines qui sont salués positivement car battant en général un consensus fortement révisé en baisse par les analystes. Ceci génère le lot habituel de bonnes surprises (72.6%).

Excellente tenue des technologiques, automobiles et équipementiers suite aux résultats successifs de Peugeot, Renault, Epeda et Plastic omnium. Les matériaux de base ont bénéficié de la bonne tenue des prix des métaux industriels. Si le secteur bancaire a marqué un rebond au cours du mois, l’attente des Stress test et les réglementations toujours en cours ont freiné leur élan. Inversement, le secteur Télécom et Energie étaient en queue de peloton.

Quelques opérations de fusion/acquisition ont animé le marché.

La saison des publications de résultats des entreprises américaines montre une baisse des profits de l’ordre de 3.2% mais en hausse de 1.1% hors énergie. Les revenus augmentent de 0.15% mais +2.95% hors énergie.

La stabilisation du dollar pourrait être plus favorable pour le trimestre à venir, ses effets baissiers s’estompant par effet de base.

En Europe, 44.8% des entreprises ont dévoilé un résultat au-dessus des estimations vs 53.9% au T2 2016 vs 46.4% au T4 2015. 15.3% ont dévoilé un résultat en ligne avec les estimations vs 10.9% au T2 2016 vs 6.2% au T4 2015 et 42.3% ont dévoilé un résultat en dessous des estimations vs 35.2% au T2 2016 vs 45.9% au T4 2015. Les résultats agrégés sont en recul mais nettement impactés par la baisse des secteurs Energie, Télécoms et financières bien entendu.