Point sur le marché des actions

Article de Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion, à propos de l’actualité du marché des actions. 

Depuis de nombreux mois, les différentes analyses démontraient une préférence pour les actions européennes vs. les actions américaines et nous nous attendions tous à assister à un rare moment de décorrélation entre le SP500 et les indices actions européens. Décorrélation rarement constatée dans le passé et souvent sur des périodes limitées.

Nous avons enfin pu assister à celle-ci depuis avril avec une réelle surperformance de l’Eurostoxx50 contre le SP500. Mais la nature de cet écart est à mettre au compte du poids des technologiques qui composent l’indice américain et le poids relativement faible de cette industrie dans les composants de l’indice européen. L’affaire Facebook plus les tweets présidentiels à l’égard d’Amazon ont créé une défiance sur l’ensemble du secteur informatique aux Etats-Unis pendant une bonne partie du mois et ce, jusqu’à la publication récente de leurs résultats qui ont montré une fois de plus des taux de croissance plus que satisfaisants. Certes, Alphabet (Google) est resté à part de cette remontée des cours mais en raison de l’annonce de plans d’investissements colossaux et pas toujours appréhendables par les investisseurs. Mais in fine, ces publications ont bien démontré que la peur d’éclatement d’une bulle sur ce secteur était non justifiée car les valorisations (sauf quelques exceptions comme Tesla ou Snapchat) sont tout à fait supportables en raison de leurs taux de croissance.

Surperformance alors que même si les résultats des entreprises européennes sont ressortis globalement bons et parfois de bonnes surprises en dépit d’un effet de base élevé (1er trimestre 17), la palme revient sans conteste aux entreprises américaines qui ont explosé les données car bénéficiant bien entendu de taux d’imposition en recul avec la réforme fiscale. La croissance des bénéfices s’est effectivement inscrite à +23% avec l’énergie en tête de liste et les biens de consommation non-cycliques à +10%. Nous pouvons remarquer que certaines sociétés de produits de grande distribution ont déçu car elles n’arrivent pas à répercuter la hausse des coûts dans leurs prix de vente, le sempiternel Pricing power.

Au sein des places européennes, le CAC et le SBF 120 entrent dans la hiérarchie des hausses d’avril avec la bourse de Londres qui fut rassurée tant par l’attentisme de la Banque d’Angleterre que par de moindres tensions (temporaires) sur le Brexit. A noter la bourse de Milan qui gagne 7% aidée par son secteur bancaire et Eni.

L’indice Dax progresse de 4.3%, avec une hausse marquée de SAP mais légèrement impactée par les menaces américaines sur l’acier et l’aluminium.

La « guerre » commerciale évoquée par le Président Trump a pénalisé l’ensemble des places émergentes qui ont reculé de 1.2% dont -0.7% pour l’Amérique latine.
La bourse de Shanghai abandonne 2.7% sur le mois mais arrive à se maintenir au-dessus de la barre des 3000 points. Bien entendu, ce sont les frictions commerciales avec les Etats-Unis qui coiffent la bourse chinoise. L’indice Nikkei avance de 4.7%.

Si la bourse moscovite a plongé en début de mois (-11%) avec les sanctions américaines, le marché s’est repris et clôture le mois sur un gain de 1.59%.

Au cours du 1er trimestre, le montant des fusions et acquisitions a atteint 1223Mds$, une hausse de près de 60% par rapport au 1er trimestre 2017 et au plus haut depuis 1980. Ce n’est pas le nombre d’opérations qui a crû significativement mais leur montant unitaire. Celles-ci se sont effectuées sur l’ensemble des zones, l’Europe se distingue certes avec 10 opérations mais est suivie des Etats-Unis avec 4 grosses opérations puis de l’Asie et particulièrement du Japon. Le secteur de l’énergie, de l’industrie lourde, de la santé et des biens de consommation courante ont à eux seuls représenté près de la moitié de la valeur globale des opérations.

Enfin notons que ce sera à compter de mai que nous devrions assister à une reprise des programmes de rachats d’actions attendus en progression suite aux effets de la réforme fiscale. Ceci est un facteur de soutien des marchés américains car diminuant le nombre de titres en circulation donc l’offre.