Point sur le marché des actions

Article sur le marché des actions, rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion. 

Le mois dernier, nous évoquions l’imprévisibilité du Président Trump comme nouvelle donnée à même de perturber les marchés financiers. Nouvelle donnée qui s’ajoutait aux interrogations sur l’évolution des prix donc de la politique monétaire de la Banque Centrale américaine et de ses conséquences sur les taux longs. Sans omettre la faiblesse du dollar et ses répercussions sur les attentes bénéficiaires des entreprises européennes impactées par les effets de change. Ces interrogations ôtent inévitablement de la visibilité aux marchés financiers alors que les indicateurs macroéconomiques marquent une baisse logique après les points les plus hauts atteints au cours des derniers mois. Cette décrue est somme toute logique mais qui n’implique pas, selon nous, une fin de cycle annonciatrice d’une récession pour 2019 mais bien le terme d’un pic d’activité.

Le dernier catalyseur du recul des indices actions se concentra en fin de période sur la baisse des célèbres « GAFA » et particulièrement Facebook et Amazon. Ces dernières avaient participé activement à la progression des indices l’an dernier atteignant des niveaux de capitalisation ou de valorisation assimilables à une période de bulle spéculative. Ce qui n’est pas et n’était pas le cas de l’ensemble des valeurs technologiques.

Comment valoriser la DATA, soit l’ensemble des données exploitables et éventuellement commercialisables via des publicités ciblées, des offres personnalisées et toutes autres statistiques possibles ? L’affaire Facebook a mis en évidence un des aspects fragiles de ce réseau social et appellera inévitablement soit à une amende soit à une règlementation à minima contraignante. A minima car nous n’imaginons pas les Etats-Unis imposer une réglementation drastique à ces géants de la technologie américaine, qui sont l’expression d’une des suprématies encore existantes des Etats-Unis, mais inévitablement confrontée à la montée en puissance des acteurs chinois.

Face book était passé d’un cours de 22.67$ en juin 2013 à 195$ le 2 janvier dernier alors même que, déjà en 2017, le nombre d’abonnés avait marqué sa première baisse significative.

Tesla nous apparaît plus emblématique de ce que nous pouvons appeler « une bulle spéculative ». Cette société a le même niveau de valorisation que General Motors mais ne dégage aucun bénéfice et n’arrive pas à produire le nombre de véhicules prévu, lesquels sont confrontés à des écueils techniques récurrents. Mais cela n’empêche pas les actionnaires d’accepter de valider un plan de rémunération qui pourrait permettre à Elon Musk de toucher jusqu’à 56 milliards de dollars si jamais la capitalisation boursière de Tesla s’envolait.

Paradoxe de cette méfiance des investisseurs vis-à-vis des GAFA, les analystes n’ont toujours pas, à cette date, revu en baisse leurs estimations de bénéfices sur ce secteur.

Le trimestre a donc marqué le plus net recul des indices depuis de nombreuses années, laissant craindre la fin d’un marché haussier et s’installant dorénavant dans une perspective baissière de moyen terme. Mais au cours de ce mois, les indices auront réussi tant bien que mal à s’offrir des minimes rebonds sur les niveaux techniques de support.

La majorité des indices actions sont en recul sur le mois avec l’Australie en plus forte baisse suivie du Dow Jones. Les autres marchés abandonnant entre 2.3 et 3%. Seuls les indices de Shenshen (Chine) et de Séoul restent en territoire positif et le Brésil est étale.

La bonne tenue des marchés de taux longs et des opérations de rapprochement ont permis aux secteurs des Utilities et Immobilier de finir en positif ainsi que les biens de consommation, Le secteur bancaire s’’inscrit en plus forte baisse, suivi bien entendu par le secteur technologique.