Point sur le marché des actions

Article sur le marché des actions, rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion KBL Richelieu. 

Les marchés actions ont démarré l’année avec vigueur bénéficiant encore de flux entrants, particulièrement sur les places émergentes qui s’octroient une hausse sur le mois de 6.8%. La place américaine a poursuivi son avancée sur les marchés européens et en particulier contre ceux de la zone euro, le S&P 500 gagnant 5.62%. Effectivement les indices actions de la zone euro n’ont progressé que de 3.01% sur cette période. Les places européennes bénéficiant d’un momentum d’accélération de la croissance, ont subi l’appréciation de la devise communautaire.

En conséquence l’écart sur 1 an de performance des indices actions entre USA et Zone euro s’est amplifié et s’établit désormais sur 1 an glissant à près de 13%. Les marchés du Sud de l’Europe se sont avérés les plus performants, l’indice Dax allemand étant plus fragilisé par la hausse de la devise compte tenu du poids des exportatrices.

Le MSCI Europe termine sur une moindre progression soit +1.1%, subissant la contreperformance de la bourse britannique qui a reculé de 2% en janvier.

Les marchés américains ont été portés par les effets positifs attendus de la réforme fiscale qui a permis, de la part des analystes, une révision en hausse des bénéfices attendus. Les prévisions sont désormais à +17% comparés aux +12% en décembre. Ceci a permis au Price Earning Ratio (PER) de revenir sur un niveau de 17 fois les bénéfices attendus.  De plus, les publications de résultats Outre-Atlantique, à quelques exceptions près, se sont avérées bien meilleures que sur le vieux continent. En Europe, si les chiffres d’affaires sont en croissance, les premiers résultats trimestriels s’avèrent mitigés avec 50% des entreprises qui peuvent annoncer une hausse des bénéfices par action.

La baisse du dollar reste toujours favorable aux marchés émergents où les valorisations laissent encore des opportunités sur des niveaux de valorisation jugés raisonnables.

En toute fin de période, les indices actions étaient naturellement appelés à commencer une consolidation car la hausse de début d’année nous a semblé bien trop rapide et ce d’autant plus que certains indices étaient en zone de sur-achat significatif (SP500 supérieur à 80).

Certains se sont inquiétés fortement de l’amplitude de la baisse du 5 février avec une perte historique de plus de 1000 points sur le Dow Jones, ceci est à relativiser face à la longue progression haussière de cet indice sans recul supérieur à 1.5% sur les derniers mois. Bien entendu, ces mouvements sont inévitablement amplifiés par le déclenchement des ordres automatisés (algorithmes). Enfin, des fonds construits sur la volatilité et se positionnant sur des stratégies de poursuite de la faible volatilité ont engagé des pertes significatives, les obligeant à solder des positions avec les arbitrages nécessaires à ces débouclages.

Pour autant, cette pause nécessaire pourrait permettre une détente des niveaux de valorisation, offrant de nouvelles opportunités d’achats. Il sera nécessaire bien entendu de surveiller les parités de change où un euro revalorisé impacterait inévitablement les perspectives de certaines grandes entreprises internationales.

L’environnement économique (cf ci-après) reste favorable et la liquidité disponible est toujours présente.

La liquidité mondiale devrait se situer sur une progression de 4.5% en 2018 contre plus de 7% en 2017 et ceci favorisée par la hausse des réserves de change internationales.