Point sur le marché des actions

Article sur le marché des actions rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion KBL Richelieu Gestion. 

Au mois de décembre, l’indice MSCI All Countries s’est adjugé 1,3%, permettant de dégager une performance annuelle de 19,8%. L’indice MSCI Emerging Markets, s’adjuge 2,6% sur le mois (30,6% sur l’année). Le S&P (+1,1%) a fait moins bien. Le Stoxx600 (+0,7%) et le Nikkei (+0,2%) beaucoup moins bien. Les marchés de la zone euro ont été plus hésitants en cette fin d’année, les investisseurs ne prenant en cette période aucun pari à l’achat et les quelques vendeurs arrivaient à prendre la main mais tout en permettant aux indices de se morfondre dans le même canal horizontal entre niveaux de support et de résistance. Les places espagnole et italienne se sont avérées contre performantes suite à la démission du 1er Ministre italien et du vote en Catalogne.

La bonne tenue des cours du pétrole aura été un facteur décisif de soutien des valeurs du secteur. Bonne performance du secteur immobilier et des transports, le secteur technologique restait sous les prises de profits après un parcours des plus favorables au cours de l’année.

L’environnement économique actuel, les politiques monétaires et une lente dégradation des taux longs sont autant de facteurs favorables à une poursuite du mouvement haussier sur les actions. La réforme fiscale américaine est un facteur de poursuite des vastes programmes de rachats d’actions par les entreprise et donc de retour aux actionnaires. De plus, opérations de fusion, simplification des métiers des entreprises par des cessions d’activités et rôle croissant des activistes sont autant de facteurs à même d’animer la cote. Les attentes de croissance bénéficiaire pour 2018 dans le monde ont été revues à la hausse pour le 4ème mois consécutif. Avec +0.4%, nous constatons les mouvements de révisions en hausse du consensus les plus marqués depuis janvier.

Ceci nous amène à considérer que le potentiel de 5800 points sur le CAC, de 3900 points sur l’eurostoxx 50 et 2870 points sur le SP500 sont atteignables. Si le dollar s’est affaibli en fin d’année après un léger retour haussier à l’automne, son cours en fin d’année est comparable à son niveau de fin du troisième trimestre. L’effet négatif des changes est donc à relativiser.

 

 

 

Mais nous ne considérons pas cependant que l’année 2018 sera un long parcours haussier. Comme évoqué, politiques monétaires adaptables, comportement des taux longs et anticipation d’un léger ralentissement dans les 12 mois sont à même de freiner les ardeurs haussières.

Au sein de la zone euro, les élections italiennes en mars et la poursuite des négociations de plus grande autonomie de la région catalane peuvent aussi être des éléments temporairement perturbateurs.

En dépit de politiques monétaires moins accommodantes des principales banques centrales, la liquidité mondiale restera sur une pente ascendante portée en grande partie par la hausse des réserves de change. Ceci est un facteur limitatif de hausse des taux longs et par conséquent favorable aux actions.

La zone euro reste privilégiée au regard du momentum économique en accélération , comblant son retard par rapport aux Etats Unis.

Au sein des pays émergents, Chine et Asie sont privilégiées en relatif par rapport à l’Europe de l’Est qui aura moins de subsides de la part de la communauté européenne. Plus de sélectivité en Amérique Latine où les négociations sur l’Alena restent un facteur de volatilité, particulièrement pour le Mexique.