Point devises

Paradoxalement, la crise grecque et ses éventuelles conséquences sur la monnaie unique aurait dû peser sur cette dernière. Elle s’est, en fait, appréciée de 1.5% sur le mois de juin. Deux facteurs sont venus freiner la possible dépréciation de l’euro. D’une part, la Banque Nationale Suisse s’est portée acheteuse pour contenir l’appréciation de sa propre devise. Le Franc Suisse reste considéré comme une monnaie refuge même si son poids reste des plus limités dans les réserves mondiales.

D’autre part, le faible taux d’emprunt appliqué à notre devise en fait une monnaie idéale pour les opérations de Carry Trade. Le Carry Trade consiste à se positionner sur des paires de devises qui présentent un fort différentiel de taux d’intérêt pour encaisser ce dernier. Plus le différentiel entre les taux est fort, plus vous encaissez d’intérêts. Cela revient à emprunter dans une devise à faible taux d’intérêt pour acheter une autre devise à fort taux d’intérêt.

Cependant, le risque €uro ne peut être écarté et il a été constaté une baisse de la part de la devise communautaire au sein des réserves de change mondiales.

Le dollar ne s’est donc pas apprécié et abandonne sur le mois 1.5% contre un panier de devises internationales. Des publications économiques moins vigoureuses qu’escomptées et de moindres anticipations de hausse des taux de la FED en sont les principales causes.

Inversement, la bonne santé de l’économie britannique provoque une hausse de la Livre contre euro et plus significativement contre dollar.

Le Yen s’est légèrement apprécié contre dollar d’autant plus avec l’annonce par le Gouverneur de la Banque Centrale que sa dépréciation était largement suffisante et impactait trop négativement le prix des importations. Il est resté stable contre €uro.

Nous pouvons noter un affaiblissement de la devise Russe sur la période, une légère réappréciation du Real brésilien et une volatilité plus conséquente de la Livre turque suite aux élections passées.

En début d’année, nous avions contesté l’objectif de 0.85 pour l’€/$ donné par Goldman Sachs. Nous restons avec un objectif de variation entre 1.05 et 1.14 même si la parité peut être visitée au moment où la FED fera son premier mouvement. Nous persistons à penser que les Etats–Unis ne souhaitent pas un dollar trop valorisé pour le « Made In América ».

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu