Petit mais costaud

Sur le long terme, les petites et moyennes capitalisations ont prouvé leur capacité à générer des rendements supérieurs. Quels facteurs expliquent une telle surperformance historique ?

En matière d’investissement, la taille n’est pas toujours synonyme de succès. De fait, sur le long terme et hormis durant les périodes de ralentissement économique, les titres de petite et moyenne capitalisation (PMC) surperforment systématiquement les grandes capitalisations.

À titre d’exemple, entre le 31 décembre 2000 et le 30 juin 2016, l’indice MSCI Europe Small Cap a enregistré une performance totale de 216 % alors que durant la même période, l’indice MSCI Europe n’a progressé que de 125 %.

Quels sont les facteurs qui expliquent une telle surperformance historique ?

Compte tenu de leur taille, ces sociétés sont en mesure de réagir rapidement à l’évolution des tendances du marché. Généralement fondées par une seule personne ou par un petit groupe d’individus partageant la même idée de lancement d’un nouveau produit ou service, les PMC sont également axées de par leur nature sur l’innovation et prospèrent grâce à leur esprit d’entreprise et leur dynamisme.

Dans la mesure où ces sociétés peinent souvent à lever des capitaux, les fondateurs sont généralement les premiers investisseurs, misant leur propre argent et par conséquent s’engageant fortement dans la gestion de l’entreprise.

Face à l’impossibilité de se lancer sur des segments de marché dominés par des géants qui bénéficient d’importantes économies d’échelle, les PMC ont tendance à se concentrer sur des marchés de niches dans lesquels les opportunités structurelles sont source de croissance durable.

Dans la mesure où la base de départ est plus petite que celle des grandes entreprises, les PMC peuvent se développer plus rapidement. Grâce à leur structure de coûts allégée et plus souple, soutenue par des prises de décision efficaces, elles gèrent généralement mieux leurs profits.

En pourcentage, les PMC réinvestissent davantage que les grandes capitalisations dans leur croissance future, notamment parce que les versements de dividendes sont en général limités. Elles ont également tendance à afficher de plus faibles ratios d’endettement sur capitaux propres, ce qui reflète la prudence dont elles font souvent preuve en matière d’emprunt.

Du fait de l’absence de couverture significative de la part des analystes, il peut être difficile pour les PMC d’attirer des investissements extérieurs, ce qui entraîne des inefficacités de marché.

On peut donc raisonnablement supposer que le cours de l’action d’un grand nombre de PMC européennes (il en existe plus d’un millier) ne reflète pas leur juste valeur. Et c’est là que réside un potentiel inexploité.

Dans le contexte actuel de reprise économique, les PMC devraient ainsi continuer à surperformer, aidées également par un environnement de taux d’intérêt bas qui a réduit le coût d’emprunt et accéléré le mouvement de fusions/acquisitions, faisant des PMC des cibles de rachat particulièrement attrayantes.

Investir dans des PMC n’est toutefois pas sans risque. Elles n’ont souvent qu’un historique limité et font l’objet d’une couverture minime de la part des analystes.

Cela étant, sur le long terme, les titres de petite et moyenne capitalisation ont clairement démontré leur capacité à produire de meilleures performances.

Article rédigé par KBL epb