[Perspectives mondiales d’investissement pour 2017] Politique budgétaire et monétaire

Dans le sillage de la crise financière de 2008, la plupart des banques centrales ont engagé des politiques monétaires accommodantes. 2017 pourrait enfin marquer un changement dans cette tendance.

 Après la crise financière de 2008, les finances publiques des marchés développés étaient en piteux état.

Confrontés à des déficits budgétaires colossaux et à des ratios dette publique/ PIB en augmentation rapide, les États ont été contraints de revenir à des programmes d’austérité pour rassurer les créanciers quant à leur capacité à long terme à rembourser leurs dettes.

Les autorités n’avaient guère d’autres choix que de compter sur des politiques monétaires expansionnistes et peu orthodoxes pour relancer l’économie. Les banques centrales ont abaissé les taux d’intérêt à des niveaux sans précédent, voire négatifs dans le cas de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque du Japon.

Parallèlement, les principales banques centrales ont abreuvé les marchés de liquidités en dépensant des milliards en obligations d’État.

Mais 2017 pourrait marquer une inversion de ces tendances actuelles. Suite à l’élection inattendue de M. Trump, les marchés peinent à interpréter ce que le résultat signifie pour l’économie mondiale.

La première conclusion est que ses propositions de réductions d’impôts et d’investissements à grande échelle dans les infrastructures devraient donner un coup de pouce budgétaire très attendu à l’économie américaine.

KBL 3D’autre part, le nouveau président est un farouche opposant au bilan de 4 500 milliards de dollars de la Réserve fédérale et souhaite que la banque centrale le réduise. S’il obtient satis- faction, un changement manifeste dans la politique de relance devrait intervenir, la politique monétaire laissant place à une politique budgétaire.

Toutefois, les projets de M. Trump sont clairement inflationnistes, ce qui laisserait à la Fed peu d’autres choix que de relever ses taux plus tard dans l’année. Nous anticipons au moins deux hausses de taux en 2017.

Contrairement à leur homologue américain, la plupart des gouvernements européens ne disposent pas actuellement de la souplesse nécessaire pour engager les marchés sur la voie de la relance budgétaire.

En fait, les rares pays européens qui disposent d’une telle latitude budgétaire, comme l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche, pèchent par excès de prudence et redoublent d’orthodoxie budgétaire.

En conséquence, la BCE devra continuer à faire le gros du travail. De fait, nous pensons qu’elle maintiendra son programme mensuel d’achats obligataires de 80 milliards d’euros, qui pourrait être prolongé de six mois à l’issue de son échéance de mars 2017, si l’inflation continue de s’inscrire en deçà des objectifs de 2 %.

 En revanche, compte tenu des critiques grandissantes à l’égard du programme, une réduction progressive pourrait être engagée au second semestre 2017.

Au Royaume-Uni, la poli- tique monétaire sera principalement déterminée par les négociations relatives au Brexit. Bien que son économie ait mieux résisté que prévu au choc lié à la décision de quitter l’UE, la situation pourrait facilement tourner au drame. Bien qu’une hausse des taux britanniques ne soit pas anticipée, tout dépendra de la tournure des négociations.

En n, le Japon pourrait être le seul pays du G7 à baisser ses taux dans la mesure où il continue d’être embourbé dans une situation de faible inflation.

Analyse issue des « Perspectives mondiales d’investissement pour 2017″ présentée par les membres du Group Asset Allocation Committee de KBL European Private Bankers.