Obligations : la chute continue

Alors que le fléchissement des rendements se poursuit, les obligations à courte duration se classent parmi les plus attrayantes dans l’univers des instruments à taux fixe.

La fin du phénomène de chute des rendements obligataires à l’échelle mondiale semble loin d’être en vue, pratiquement toutes les obligations suisses, la plupart des obligations d’État japonaises et 70 % des obligations d’État allemandes affichant des rendements négatifs.

En voici les raisons : un niveau d’inflation faible, voire nul, couplé à un assouplissement quantitatif mené par la Banque centrale européenne et la Banque du Japon, dont l’objectif est de maintenir les taux d’intérêt au plus bas afin de stimuler l’activité de crédit aux entreprises et aux ménages.

Ce mélange explosif se traduit par une offre excédentaire classique : une montagne d’obligations figure désormais au bilan des banques centrales, qui continuent de faire fonctionner la planche à billets pour financer ces achats.

Avec tout cet argent frais, rien ne garantit que l’inflation se maintiendra aux faibles niveaux actuels, même si les marchés ont déjà intégré une perspective de baisse de l’inflation à terme.

Mais cela pourrait se retourner contre eux dans la mesure où les prix du pétrole et d’autres matières premières évoluent sur une tendance haussière. On constate notamment que depuis le niveau plancher atteint en janvier, le cours du Brent brut a quasiment doublé.

Même si les prix actuels restent inchangés, la composante énergétique du panier des prix qui déterminent le taux d’inflation devrait commencer à s’orienter à la hausse à partir du mois d’août, sous l’impact de ce qu’on appelle « l’effet de base ».

En conséquence, si le Brent se maintient au-dessus de 45 dollars le baril, le taux d’inflation globale progressera pour atteindre 2,3 % aux États-Unis et 1,1 % dans la zone euro. Il s’agit là d’augmentations significatives par rapport aux niveaux actuels, et ce sans même prendre en compte cet effet de base appliqué aux matières premières agricoles.

Bien que rien ne certifie que les prix des matières premières se maintiendront à ces niveaux ou qu’ils augmenteront, il serait prudent que les investisseurs obligataires haussiers prennent conscience de ces signes d’avertissement.

Pour les motifs qui précèdent, nous continuons de privilégier les obligations à courte duration, qui sont moins sensibles aux fluctuations des taux d’intérêt. En effet, même si les taux à court terme restent faibles, les taux d’intérêt à plus long terme pourraient augmenter, accentuant ainsi la courbe de rendement.

Parallèlement, compte tenu de la faiblesse des taux réels et des secousses géopolitiques, les investisseurs se tournent de plus en plus vers l’or pour ses qualités de valeur refuge et dans le cadre d’une stratégie de diversification plus large.

Néanmoins, d’un point de vue historique, le métal jaune est actuellement sous-pondéré dans les portefeuilles moyens, malgré une progression régulière du cours depuis le début de l’année.

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Article rédigé par KBL epb