Mario Draghi laisse la porte ouverte à d’autres actions complémentaires

SONY DSC

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Stratégiste chez KBL Richelieu 

Après les nombreux propos tenus par les gouverneurs de la FED, Mme Yellen n’a pas apporté de démenti sur la probable hausse des taux que l’institution prépare. Probablement plus sur le mois de juillet que le mois de juin compte tenu des incertitudes que le référendum britannique soulève. Sauf à assister à un retournement de conjoncture, nous ne pouvons écarter une deuxième hausse d’ici la fin de l’année. La Présidente de la banque centrale a un jugement plus positif sur la conjoncture et sur les anticipations d’inflation.

La réunion de la BCE ne soulevait aucune attente de décision mais une explication de texte de la part de son Président. Tout en constatant que le Quantitative Easing a produit ses effets positifs sur le crédit aux entreprises et constatant l’amélioration de l’activité au sein de la zone, M. Draghi a laissé la porte ouverte à des actions futures au cas où les prévisions d’inflation émanant de l’institution s’avéreraient trop optimistes (1,0% en 2016, 1,2% en 2017 et 1,5% en 2018). La conférence a aussi été l’occasion de préciser le programme d’achats de dettes « Corporate » qui débutera le 8 juin. Seules seront concernées les obligations libellées en euro, de niveau de risque d’au moins BBB-, y compris pour des filiales de groupes étrangers. Les obligations des banques sont exclues comme celles des sociétés ayant des banques comme maison mère. La BCE sera active sur le marché primaire et secondaire en excluant les dettes des entreprises publiques pour le marché primaire. La durée des obligations : de maturité résiduelle d’au moins 6 mois, et jusque 30 ans. Le maximum d’une émission pour ces achats est limité à 70%.

De fait, la banque centrale sera exposée au risque de défaut comme n’importe quel investisseur.

En conclusion, M. Draghi laisse la porte ouverte à d’autres actions complémentaires mais veut juger de l’effet des politiques opposées des deux côtés de l’Atlantique et particulièrement sur les changes où il s’attend à une poursuite du renforcement du dollar.

Toujours le statuquo de la part de la Banque d’Angleterre à 1 mois du référendum.

Les espoirs d’une action complémentaire de la part de la Banque du Japon se sont estompés pendant tout le mois d’autant plus que M. Abe a différé la hausse de T.V.A. L’institution ne peut que constater l’inefficience de son action sur l’inflation et même en partie sur la conjoncture en dépit d’un trimestre positif.

Sur la période, la surprise est venue de la Banque d’Australie qui a baissé son taux d’intervention de 25 centimes pour le porter à 1.75% pour contenir l’appréciation du dollar australien et mettre le pays à l’abri des risques inflationnistes.