Les entreprises familiales ont-elles raison de bouder la cote ?

 

 

 

 

 

 

Tribune de Clémence Bounaix, gérante chez KBL Richelieu à propos des entreprises familiales cotées.

Les sociétés contrôlées par une famille préfèrent généralement s’épanouir loin des marchés financiers. Devraient-elles, au contraire, tenter l’aventure boursière ?

Dans l’imaginaire collectif, la société familiale type se développe à travers les âges en s’adaptant aux cycles, en gardant les valeurs qui lui sont chères et surtout en cultivant une certaine discrétion vis-à-vis des recettes de son succès.

Les groupes français Andros et Auchan, détenus et dirigés respectivement par les familles Gervoson et Mulliez, ou encore le géant danois Lego toujours aux mains de la famille Kristiansen sont de parfaites illustrations de sociétés familiales s’épanouissant loin des radars des marchés financiers.

D’ailleurs, au sein des Hénokiens (association internationale d’entreprises familiales et bicentenaires), seuls 4 des 47 membres sont cotés en bourse !

Garder le contrôle

La dictature de la performance qu’impose le marché qui, pour valoriser les actifs à long terme, a souvent besoin de visibilité à court terme, est-elle donc si antinomique de la vision long terme des entreprises familiales ?

 Ceci est loin d’être certain si l’on se réfère à la valorisation des entreprises familiales cotées : la plupart se traite avec une prime par rapport à leurs comparables non familiaux, prime justifiée par la qualité des managements, la soutenabilité des résultats, la récurrence des profits et la gestion des risques parfois plus avisée des entreprises familiales. La bourse n’est-elle donc pas la meilleure façon pour une entreprise familiale de qualité d’optimiser sa valeur d’entreprise ?

Cependant, quid de cette indépendance qui leur est si chère ? Au-delà de ces considérations de (re)valorisation, l’intérêt premier d’une cotation est la levée de liquidités qu’elle permet, essentielle lorsqu’une entreprise a des ambitions d’expansion. L’ouverture du capital par la famille se fait souvent partiellement, la famille gardant au minimum une minorité de blocage (pour éviter toute OPA hostile) et la main sur le conseil d’administration.

Retrait possible

La bourse offre également une formidable visibilité pour les entreprises cotées, une crédibilité supplémentaire vis-à-vis de leurs clients et fournisseurs qui peuvent collecter de nombreuses informations sur l’entreprise.

En effet, être coté en bourse c’est aussi montrer patte blanche, accepter des règles précises de transparence financière, d’accès à l’information, de communication avec les investisseurs. De nombreuses entreprises familiales estiment qu’être cotées en bourse crée une émulation, les force à s’améliorer trimestre après trimestre, à ne pas se reposer sur leurs lauriers et à avoir une gouvernance d’entreprise exemplaire…

Retrouvez l’intégralité de cet article dans Les Echos.