Le Verbatim n’est pas suffisant !

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu, revient pour les Echos sur la crise Grecque. Retrouvez l’intégralité de son article sur LesEchos.fr.

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Nous avions évoqué que la crise grecque avait probablement plus d’implications politiques qu’économiques et que la qualité de la solution trouvée serait plus importante que de savoir ou pas si la dette était soutenable… car elle ne l’est pas.

De cette résolution, la valeur de sa crédibilité serait déterminante pour la survie et l’évolution de la monnaie commune et bien entendu, sur l’espoir d’éviter des crises ultérieures.

Les camps s’affrontent entre ceux qui jugent que le traitement appliqué n’est qu’un placebo et ceux qui s’en satisfassent, lassés d’un feuilleton qui nous a tenus en haleine trop longtemps, monopolisant l’ensemble des médias sur un PIB dérisoire à l’échelle du monde. Et ce face à des évènements parfois bien plus dramatiques.

L’avantage de la fin de cette série B est que les investisseurs retournent aux fondamentaux tant par leur appréhension de l‘évolution économique de cette zone euro qui bénéficie de conditions favorables que le suivi de la vie des vrais acteurs : les entreprises.

Alors, la réponse politique viendrait-elle de la France via son Président qui réclame à juste titre une vraie gouvernance européenne. Une monnaie est certes la base de toute forme d’échanges de biens ou de services, la Banque Centrale est sa garante en matière de liquidité comme de rémunération, mais son existence ne se confirme totalement qu’à l’appui d’un pouvoir politique qui la régit par des choix affirmés.

Depuis la crise de 2008, l’usage du verbe a été un des moyens d’influence notoire des marchés financiers et même aujourd’hui, ce n’est pas Mme Yellen qui nous démentira en usant de conférences pour limiter les craintes des investisseurs sur l’amplitude de hausse des taux de la FED. Mais le Verbatim n’a que de valeur dans la durée s’il est suivi d’actions concrètes. Oui, il faut une gouvernance politique de la zone euro, mais si d’en parler est certes nécessaire, avant tout il faut mettre les conditions de sa réalisation et en la matière, la France a un vrai besoin de réformes probantes.

Ce ne sera donc pas sur le Verbatim que les Français jugeront, mais bien sur les réalisations. La linéarité des enquêtes de satisfaction nous démontre que la parole n’a de sens que si les actes l’honorent. Cette crise est une occasion inespérée d’avancées dans le fédéralisme. Il serait désastreux de la manquer.