Le principe de l’incertitude

Dans un climat d’investissement caractérisé par une volatilité accrue, de faibles performances et une myriade de risques, l’incertitude est la seule certitude.

Les marchés préfèrent les bonnes nouvelles aux mauvaises, comme l’a montré la réaction immédiate au vote en faveur du Brexit, mais il n’y a rien qu’ils détestent plus que l’incertitude.

Cette année au second semestre, le monde est confronté à une telle ambivalence, par exemple en ce qui concerne les conséquences à long terme du référendum britannique, l’issue des élections américaines, l’orientation des prix du pétrole et de l’inflation et la poursuite potentielle de la dévaluation du yuan chinois.

En conséquence, il est possible qu’à terme les investissements publics s’interrompent, que les entreprises privées continuent à thésauriser et que les consommateurs continuent de privilégier l’épargne ou le remboursement de leurs dettes. Tous ces facteurs auraient un impact négatif, que ce soit sur les perspectives macroéconomiques mondiales (léger), sur la rentabilité des entreprises (non négligeable) et sur la confiance des investisseurs (potentiellement significatif).

Dans ce climat caractérisé par des niveaux élevés de volatilité et de faibles performances, il nous semble important de mettre l’accent sur la diversification des portefeuilles, ce qui sous-entend probablement de procéder à des ajustements fréquents à court terme.

S’il est actuellement difficile de trouver de la valeur parmi les instruments à taux fixe (environ 40 % des obligations d’État se négocient aujourd’hui avec des rendements négatifs), les marchés obligataires pourraient se normaliser, tout au moins un peu, si les pressions inflationnistes se renforçaient.

Nous privilégions les obligations offrant de meilleures performances potentielles mais présentant également davantage de risques, dont les obligations d’entreprises, les obligations d’État américaines à haut rendement et périphériques, la dette des marchés émergents et, compte tenu des perspectives en matière d’inflation, les obligations américaines indexées sur l’inflation.

Dans l’ensemble, nous continuons de sous-pondérer les instruments à taux fixe.

En ce qui concerne les actions et les actifs plus risqués, nous adoptons une position neutre. Bien que les niveaux de valorisation actuels ne soient pas particulièrement attrayants, ils ne sont pas non plus excessifs. Les primes de risque sont légèrement supérieures aux niveaux historiques, mais elles devraient être en deçà dans la mesure où les rendements obligataires restent faibles voire négatifs et où les marchés proposent peu d’alternatives attrayantes.

Si ces facteurs sont susceptibles de favoriser les actions, la hausse potentielle paraît limitée, surtout compte tenu de l’incertitude qui règne actuellement sur les marchés.

En 2017, nous anticipons une hausse de la croissance des bénéfices et des estimations en matière de bénéfices en raison de la hausse des prix des matières premières, celle-ci se traduisant par un redressement des entreprises du secteur de l’énergie et des matériaux. Parallèlement, dans la mesure où l’inflation et les salaires commencent à augmenter, les dépenses et la capacité de fixation des prix des entreprises pourraient s’améliorer.

L’immobilier nous semble prometteur sauf en Europe. Globalement, les taux d’inoccupation sont peu élevés, l’achèvement des nouvelles constructions est limité, et on observe une hausse des loyers et de la valeur des biens. L’or continue lui aussi d’être attrayant, non seulement en tant que valeur refuge mais aussi en tant que protection contre les dévaluations monétaires.

Enfin, nous privilégions également les stratégies actions à rendement absolu, dans lesquelles l’adoption de positions courtes sur les actions surévaluées et de positions longues sur les actions attrayantes pourrait apporter des performances supplémentaires.

Capture d’écran 2016-07-20 à 09.55.12

 

 

 

 

 

 

 

Article rédigé par KBL epb