Le point sur les taux

Si certains doutaient que la B.C.E aille au terme de son Quantitative Easing, les propos entretenus ce mois auront eu le mérite de la clarté et auront permis de rappeler aux investisseurs les explications clairement énoncées par l’institution, naguère.

60 milliards par mois jusqu’en septembre 2016 respecte totalement un des objectifs de la banque centrale, soit de revenir à 2000 milliards sur la taille de son bilan.

Le 22 mai, la Présidente de la Réserve Fédérale, Mme Janet Yellen, a fait l’état des lieux de l’économie américaine. En dépit d’un marché du travail jugé encore faible, les Etats-Unis se dirigent vers le plein emploi. Le PIB faible du 1er trimestre est dû à des variables temporaires et il lui apparaît donc approprié de relever les taux d’intervention avant la fin de l’année.

La probabilité est donc forte que ce premier mouvement s’établisse en septembre. La croissance du PIB du second trimestre ne sera pas communiquée en juin et écarte une action dès l’entrée de l’été.

Mme Yellen a rappelé que cette hausse des taux serait effectuée de manière graduelle et que cela nécessitera plusieurs années avant de revoir leurs niveaux « normaux » de long terme.

Selon les Minutes du conseil de politique monétaire de la banque centrale japonaise, force est de constater une certaine cacophonie entre ses membres sur l’évolution de l’inflation.

L’objectif de 2% semble repousser à 2018 et ceci entretient les anticipations d’actions additionnelles de la part de la Banque Centrale au cours de l’été mais rien ne nous semble acquis à ce niveau.

Mais il faut être conscient que les mouvements baissiers sur les taux d’intervention au sein des pays industrialisés sont arrivés à leur terme et nous aurons bien une divergence de politique monétaire entre la zone euro et les U.S.A.

Quelques pays émergents ont encore la possibilité de baisser leur taux d’intervention comme l’Inde et inversement, d’autres comme le Brésil ont effectué des hausses afin de soutenir le Real. La stabilisation de leurs devises pourrait alors permettre à ces pays de se montrer plus souple au cours des mois à venir mais d’une manière très progressive.

La Banque Centrale chinoise nous a montré qu’elle préférait intervenir par des actions indirectes comme sur le crédit, les réserves obligatoires des banques pour soutenir l’activité plus qu’en usant de son simple taux d’intervention. Elle l’a néanmoins baissé pour la troisième fois en 6 mois, ainsi son taux de prêt de 5.1% est au plus bas niveau depuis la libéralisation des taux d’intérêts bancaires en 2003.

Le point le plus important à retenir, selon nous, est que la Banque d’Angleterre comme la Réserve Fédérale se sont déjà engagés dans le changement de politique monétaire mais ces mouvements seront très progressifs et l’environnement économique comme l’inflation ne justifient pas un retour sur des niveaux de taux ante crise.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu