Le point sur les matières premières

La hausse de l’indice CRB des matières premières engagée mi-avril s’est retournée avec l’accalmie constatée sur le prix du baril.

Un retour sur les 60/70 dollars était envisagé sur le second semestre ou même début 2016.

Ce retour s’est donc avéré bien plus précoce que prévu, porté à la fois par une fermeture accélérée des puits américains sur l’huile de Schiste et par le conflit au Yémen.

Si l’Arabie Saoudite a joué aussi un rôle prépondérant dans la fixation des cours, rien n’indique un infléchissement de sa position dans la recherche de gains de parts de marché.

Bien entendu, un prix du baril sous les 90 dollars impacte notablement son équilibre budgétaire à court terme. Ses objectifs géopolitiques sont bien plus importants face à la politique américaine favorable à un accord avec l’Iran.

Face à cette problématique budgétaire, l’analyse des actifs détenus par l’Arabie saoudite montre qu’elle a utilisé la vente partielle de ceux-ci pour compenser le manque à gagner généré par l’or noir.

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Ce pays a donc peut- être eu aussi un rôle dans la consolidation brutale à laquelle nous avons assisté particulièrement sur les marchés de taux longs.

La prochaine réunion de l’OPEP ne devrait pas apporter de changement majeur dans ses niveaux de production. Les difficultés rencontrées dans les négociations avec l’Iran pourraient retarder l’échéance de fin juin sur un accord peuvent aussi écarter la levée des sanctions donc un retour de ses exportations « officielles ».

Nous devrions donc assister à une stabilisation des cours peu éloignés des niveaux actuels d’autant que la demande se raffermit légèrement. Ceci écarte le pari de Goldman Sachs de début d’année soit un baril à 35$.

Sur la dernière partie du mois, les cours des métaux non ferreux en chine sont repartis légèrement en hausse après la baisse de la première quinzaine.

petrole

A quelques mois de la mousson, l’Inde est confrontée à une vague de chaleur significative et les météorologistes jugent probable un retour des perturbations d’El Nino. Ceci pourrait induire des effets négatifs sur les récoltes futures mais ne s’est en aucun traduit par une hausse des cours des matières agricoles actuellement. Ce que nous ne pouvons exclure dans les mois à venir.

D’une manière générale, les niveaux des stocks de matières premières restent élevés et ceci exclue un nouveau cycle durable de hausse des cours.

commo

L’once d’or joue toujours la belle endormie avec de faibles variations en relation avec les mouvements du dollar. Rien ne prédispose à court terme un mouvement directionnel plus affirmé.

Pascal Bernachon, stratégiste de KBL Richelieu