Le point sur les devises

Les divergences de politique monétaire des deux côtes de l’Atlantique expliquent les mouvements constatés et le regain de volatilité sur les changes. Ceci devrait perdurer jusqu’au 1er mouvement de la Réserve Fédérale et l’on ne peut pas exclure qu’à postériori, les parités soient désormais plus stables.

Cette volatilité a trouvé aussi ses sources dans l’importance des positions vendeuses existantes sur l’Euro et qui se sont en partie débouclées depuis fin avril.

devise

La saison des résultats des entreprises mondiales américaines nous a montré les effets négatifs de la hausse du dollar. Même si les exportations américaines ne représentent pas la partie la plus significative du PIB U.S., il nous semble opportun d’imaginer que les autorités américaines tenteront de freiner l’appréciation de la devise. Sans exclure la permanence d’une certaine volatilité qui pourrait nous ramener sur la parité, une moyenne de variation entre 1.05 et 1.10 nous semble probable.

La Chine réussit son objectif, être à la porte d’entrée des monnaies de réserve mondiale. Le F.M.I l’a consacrée en félicitant les autorités sur le travail accompli ces dernières années en accompagnant la réévaluation du Yuan. Être un géant économique (et géopolitique) ne peut se concevoir qu’à l’appui d’une devise internationalement reconnue.

Reste à savoir si, une fois admis dans les réserves de change internationales, les chinois laisseront alors le Yuan se déprécier pour renforcer leur compétitivité y compris par rapport à leur rival japonais. Mais ils devront aussi prendre en compte les effets induits de la hausse des prix importés si c’était le cas. Facteur toujours mal perçu par les ménages.

Sur le mois, toujours la fragilité de la devise brésilienne. Le Real a baissé de 23% contre le billet vert et de 19% contre euro sur 3 mois. Plus de stabilité sur le Rouble avec un léger recul sur le mois.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu