Le point sur les devises

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

Le dollar va-t-il perdre son statut de monnaie de réserve ? Est-il entré dans un cycle baissier de moyen terme après le cycle haussier des dernières années ?

Si l’entrée du Yuan comme monnaie de réserve mondiale peut prendre « des parts de marché » au dollar, force est de constater que l’euro qui représentait environ 24% de ces réserves en 2004 n’en représente désormais que 19%. Il paraît donc bien téméraire d’enterrer trop vite la devise américaine.

L’analyse technique permet d’envisager de retrouver les niveaux autour de 1.30 pour l’Eurodollar auquel nous étions en 2014. La reprise de l’euro trouve ses sources dans l’accélération de la croissance dans notre zone au cours des derniers mois, dans les révisions en hausse des perspectives de PIB pour cette année et l’an prochain mais aussi résulte d’une défiance bien naturelle de l’administration Trump.

In fine, si le dollar a servi de refuge au cours des dernières années face à une zone euro affaiblie, des pays émergents en faible croissance, des pays producteurs de pétrole fragilisés par la décrue des cours de l’or noir , l’environnement actuel est notablement modifié et influence la devise américaine comme moindre devise de « sécurité ».

Car si nous parlons de baisse du dollar, il ne faut pas omettre la hausse de l’euro qui s’est faite contre nombre de devises, à commencer par la Livre sterling.

La valeur économétrique de l’euro contre dollar ressort à 1.30.

Les positions vendeuses sur le dollar étaient au plus haut , de la part des Hedge Funds aussi, au cours de cet été et justifiaient une légère consolidation qui a débuté timidement en fin de mois.

La chute de la devise britannique est donc en bonne partie liée à l’amélioration de l’économie de notre zone, aux attentes de modification de politique monétaire de la B.C.E (baisse de ses achats dans le cadre du Q.E.) comme d’une zone euro renforcée par un couple franco-allemand plus proche et volontaire.

L’autre influence réside bien sûr dans les anticipations négatives sur l’économie britannique et les effets du « Brexit » avec des négociations difficiles.

Le dollar Yuan finit le mois sur 6.59, la devise chinoise poursuit sa progression contre dollar entamée depuis le début d’année avec une accélération de celle-ci depuis fin juin et une hausse de 2% sur ce seul mois d’août.

Le franc Suisse est en net recul, favorisant les exportatrices helvètes.