Le point sur les devises

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Pascal Bernachon, Directeur de la Gestion KBL Richelieu

La prévision en matière de devises est probablement la plus ardue d’autant plus que les transactions de ce marché sont animées par une composante spéculative conséquente. Sans ignorer la possibilité de voir la parité entre l’euro et le dollar (1 pour 1) au cours de l’exercice, nous serions tentés de donner les fluctuations de celle-ci dans la même fourchette que pour 2016 soit entre 1.05 et 1.15. Nous avons vu un point bas de 1.0352 à mi-décembre. La demande de dollars devrait rester conséquente, animée à la fois par la politique monétaire de la FED et par les rapatriements de capitaux des entreprises américaines (aspect fiscal proposé par M. Trump) mais il nous semble que la volonté de reconquête du Made in America trouverait ses limites de compétitivité avec un dollar trop fort. De nombreux facteurs lui sont néanmoins favorables, que ce soient les politiques monétaires encore divergentes, le différentiel de croissance nominale des deux côtés de l’Atlantique ou les incertitudes politiques en Europe.

Cette reprise du dollar affaiblira certaines devises émergentes en dépit de l’amélioration économique escomptée pour certaines.

Le Yuan chinois restera en première ligne après sa dépréciation de l’année 2016. Si les autorités ont pris un certain nombre de mesures pour endiguer les sorties de capitaux tant pour les épargnants que pour les acquisitions des entreprises chinoises à l’étranger. La hausse des investissements directs à l’étranger (IDE) non financiers en provenance de Chine devraient atteindre 1.120 milliards de yuans (154 milliards d’euros) en 2016, en hausse de plus de 50% par rapport à l’année dernière.

Il est fort probable que la parité Dollar/Yuan franchisse le niveau de 7. En plus de ces mesures, le gouvernement chinois a décidé dans le dernier jour de l’année, de modifier le panier de devises qui sert de référence pour fixer chaque jour le cours du yuan. Celui-ci va évoluer le 1er janvier, le poids du dollar diminuant pour laisser la place à onze devises, principalement émergentes.

La Livre sterling s’est stabilisée au cours des derniers mois, dans l’attente des conditions du Brexit. Le risque de baisse persiste d’autant plus que nous nous dirigerions vers un «Hard» Brexit. La banque du Japon pourrait être celle qui maintiendra le plus longtemps sa politique monétaire accommodante et donc agir sur le maintien d’un Yen faible propice à la bonne tenue de la compétitivité des exportatrices nippones.

Sur le dernier mois, la reprise des cours pétroliers a été favorable au Rouble et à un rebond du Real brésilien.

La Livre turque devrait continuer de rester en retrait face à la problématique politique du pays où les purges post Putschs ont déstabilisé de nombreux secteurs d’activité et gelé les investissements en provenance de l’étranger.

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