Le marché des actions

C’est bien via les changes que les marchés ont provoqué la brutale réaction lors de la publication d’un faible PIB aux Etats-Unis. Le décrochage du dollar résultant d’un recul des anticipations de hausse des taux par la FED de la part des investisseurs a eu effectivement un effet contagion sur les places boursières.

Mais si le recul a été limité à Wall Street avec -2.19% le 29 mai, c’est une baisse plus prononcée à laquelle nous avons assisté sur les marchés européens soit -4.22%. Bien entendu, les atermoiements du règlement du feuilleton Grec est en partie une justification à cette plus grande amplitude. D’autres justifieront ceci par le fait de la surperformance de nos places par rapport aux indices américains.

Mais les parités de change qui se sont nettement amplifiées en séance le 29 mai résultaient probablement aussi de débouclages de positions vendeuse sur notre monnaie commune. A partir de là, les algorithmes qui régissent les ordres automatisés n’avaient plus qu’à amplifier le mouvement et ce, dans des volumes nourris. Le marché allemand (Dax) a payé le plus fort tribu dans la correction, en raison du poids des exportations.

D’autres facteurs ont influé sur ces mouvements comme une hausse des anticipations d’inflation qui se sont traduites par des mouvements de nette dégradation des marchés obligataires.

 

Le rebond des cours du pétrole aura permis une surperformance de ce secteur. Utilities comme les télécoms se sont distingués. A contrario, le secteur assurances a été fortement pénalisé par les craintes sur les ratios de solvabilité dans un environnement de taux aussi bas.

Le marché le plus performant aura été la bourse de Shanghai comme évoqué dans notre introduction en dépit des preuves de ralentissement en cours mais sous l’influence d’un afflux significatif d’ouvertures de compte titres par les ménages chinois (4 millions en 1 mois). Mais nous avons assisté sur la période à un renouveau (provisoire ?) des places émergentes puisque ce sont elles qui ont offert la meilleure contribution avec une hausse de l’ordre de 5%. Les politiques monétaires accommodantes de certaines banques centrales laissant entrevoir des possibilités de rebond de l’activité.

A contrario, la bourse indienne a reculé de 3.4%, les investisseurs restent dans l’attente des promesses de réformes de M. Modi.

Les marchés américains ont une fois de plus mieux réagi aux variations monétaires et finissent le mois sur un léger gain de 1% pour le SP 500. Les publications se sont avérées rassurantes, particulièrement sur la capacité des entreprises à maintenir leur niveau de marge en dépit de baisses de chiffres d’affaires. Les entreprises internationales ont clairement justifié des reculs par l’effet négatif de la hausse du dollar. Sur la période, des prises de bénéfices très appuyées ont eu lieu sur le secteur des biotechs, ce qui a impacté aussi la pharmacie. Les grandes exportatrices ont été pénalisées par le dollar fort, et ont lancé des avertissements sur résultats que ce soit Xerox, Dupont, Procter ou encore 3M.

Rappelons que sur le trimestre, les flux entrants sur les marchés de la zone euro ont été conséquents avec 96 milliards uniquement sur les E.T.F.

GRAPHIQUE 1

La logique serait que la prolongation de la hausse soit désormais plus sélective et plus par une approche différenciante de stock picking.

Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu