Le bon, la brute et le truand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

Nous n’allons pas ressasser nos écrits de début 2017 sur le facteur géopolitique qui restera un perturbateur des marchés cette année. Nous ne distribuerons pas non plus le casting de ce film célèbre entre Messieurs Trump, Poutine et XI Jinping. Mais force est de constater que les tensions géopolitiques ont participé aux questionnements des marchés financiers au cours de cet été, particulièrement avec la Corée du Nord. Nous avons aussi traité ce sujet en évoquant l’idée que la Chine serait inévitablement le modérateur obligé de ces tensions car désireuse de ne pas faciliter à terme une réunification des deux Corées qui serait (dans une moindre mesure) un compétiteur du Made in China.

La surprise fut donc que le gouvernement chinois se tut de nombreuses semaines avant de décider d’amplifier les sanctions vis-à-vis de l’Etat dictatorial. Les journaux prirent alors pour référence les tensions de 1961 dans la baie des Cochons (USA/Cuba). Certes, les propos, pardon les tweets, du Président Trump n’étaient pas faits pour rassurer et la difficulté de comprendre ses motivations profondes ajoutait du risque.

Il fut étonnant aussi de voir M. Poutine offrir ses bons offices dans ce pugilat, cherchant à provoquer le retour en grâce de la présence de la Russie comme interlocuteur incontournable ou se voulant comme tel sur la marche du monde.

Il apparaît évident que la personnalité du Président Trump et ses échecs répétitifs à appliquer ses promesses électorales sont un axe de fragilité, tant pour des facteurs économiques (nature de la croissance américaine, poids de la Chine dans le PIB mondial) que pour des raisons purement politiques. L’ère Trump est dans la continuité des ères Bush ou Obama, un lent déclin des Etats Unis qui participent à une redistribution des cartes entre pays développés et pays en finalisation d’émergence. Ceci se traduit avant tout par l’accroissement de leur poids économique, dont découle irrémédiablement leur capacité d’influence. L’histoire n’est que bis repetita.

De ce constat d’une lente mutation, il est probable que le film « Le bon, la brute et le truand » durera bien plus de temps qu’ une simple séance de cinéma.

Mais il y a fort à parier que les gesticulations du petit dictateur « monarchiste » visent plus à préserver sa propre survie et son maintien au pouvoir que de vouloir générer lui-même un conflit.