Lâcher la Grèce pour sauver l’Europe, l’idée du siècle ?

 Jean-Marc Chevassus, Directeur commercial distribution de KBL Richelieu, analyse pour H24 Finance le problème Grec.

Lorsque Monsieur Tsipras explique que la dette Grecque n’est pas son problème mais celui de l’Europe, peut-on le blâmer ? Certes en termes d’éthique ces propos sont condamnables mais pour autant ne sont-ils pas justes ? Et n’est-ce pas son seul atout pour négocier des rallonges qui semble-t-il, n’en finiront jamais ?

Plus de 210 Milliards d’euros ont été injectés dans les différents plans d’aide à la Grèce depuis 2010 sans que cela n’ait changé quoique ce soit à la situation du pays : si ce n’est pas de l’acharnement thérapeutique cela y ressemble fort…

210 Milliards c’est le prix pour équiper toutes les personnes ayant besoin de lunettes sur la planète (soit 2.5 milliards d’humains) ou peu ou prou le montant de l’ensemble des dividendes distribués en moyenne chaque année en France depuis 2008… Sur ces 210 Milliards, la grande majorité a été utilisée pour la recapitalisation du secteur financier, le remboursement des bons du trésor arrivant à échéance et le renflouement des finances de l’Etat Grec…rien ou presque n’a été dirigé vers l’économie ! Si vous ajoutez qu’aucune réforme majeure n’a été entreprise pour sortir le pays du modèle économique du « TOFE » (Tourisme, Olive, Feta, Emprunt) et que sur les 76 Milliards d’arriérés d’impôts dus à l’Etat, seuls 9 Milliards semblent récupérables (Le monde du 01.04.2015)…

On se demande pourquoi l’on s’échine à arroser une éponge ? Car c’est ce que l’on fait lorsque l’on prête à son débiteur pour qu’il nous rembourse ses dettes ! Cela rappelle cette blague de banquiers potaches : « Papa, prête-moi 20 € mais ne m’en donne que 10 ! Comme cela tu m’en devras encore 10 et on sera quitte ! » Peut-on sérieusement imaginer que les dirigeants européens ne soient pas conscients de cette réalité du trou noir Grec ?

Évidement que non, alors pourquoi continuer ainsi et ne pas stopper le gaspillage ?

D’autant que beaucoup affirment que la sortie de la Grèce est dans les cours de bourse et que l’économie Grecque n’a que peu de poids dans le PIB de l’UE. La vérité est comme toujours ailleurs et comme souvent ces dernières années du côté de l’Orient.

Jeter un œil sur une carte de la méditerranée c’est se rendre compte que la Syrie a une frontière commune avec la Turquie qui elle-même a une frontière commune avec la Grèce… et que penser lorsque l’on sait que la plupart des candidats européens au Jihad passent par la Turquie et que les clandestins passent par la Syrie et la Lybie.

La sortie de la Grèce serait donc un non-sens géostratégique dans un contexte de risque terroriste et d’immigration massive vers l’Europe.

Cette vague d’immigration semble d’ailleurs plus à même de créer une brèche dans la belle Europe en faisant monter les extrêmes dans un contexte de chômage élevé et de croissance molle. Tsipras peut donc relever tranquillement les compteurs, la Grèce est en position de force ! On peut juste constater qu’il est dommage que l’on attende toujours d’être au bord du gouffre pour trouver une issue en Europe…

Jean-Marc CHEVASSUS
Directeur Commercial Distribution KBL Richelieu

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