La dynamique des taux de change

Alors que les politiques monétaires divergent fortement de chaque côté de l’Atlantique, le taux croisé EUR/USD devrait rester relativement stable. Tour d’horizon des facteurs économiques influençant chaque devise. 

Au cours des 16 derniers mois, le taux croisé EUR/USD s’est avéré relativement stable, évoluant dans une fourchette de 1,05 à 1,15.

A quoi faut-il s’attendre en termes d’évolution de la monnaie unique par rapport au billet vert ?

La réponse commence par l’examen de notions élémentaires d’économie.

Aujourd’hui, les États-Unis affichent un déficit courant de 2,7 %, tandis que l’excédent de la zone euro continue de s’accroître et atteint désormais plus de 3 %.

Pour atteindre la parité dans leur balance des paiements, les États- Unis doivent envisager des régions comme la zone euro pour investir une partie de leurs excédents de liquidités dans des obligations américaines et d’autres valeurs mobilières ou les biens et services. Bien qu’une telle tendance soit susceptible de survenir, tout dépendra du niveau des paiements d’intérêts supplémentaires que les titres libellés en dollars seront en mesure de fournir.

Compte tenu du resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la poursuite de la politique d’assouplissement quantitatif menée par la Banque centrale européenne (BCE), les investisseurs sont en mesure de produire des rendements plus élevés à partir des actifs libellés en dollars, soutenant ainsi l’appréciation du billet vert, du moins en théorie.

Toutefois, un dollar fort se traduit également par des exportations américaines plus chères, ce qui contribue aux pressions déflationnistes et amplifie le déficit courant du pays, ce que la Fed tient précisément à éviter.

Parallèlement, de l’autre côté de l’Atlantique, l’inflation reste presque stable, bien que la BCE s’obstine à viser un taux légèrement en deçà de 2 %. Face à de telles pressions déflationnistes, les hausses de taux ne sont manifestement pas à l’ordre du jour de Francfort.

Au contraire, la BCE continuera à faire fonctionner la planche à billets et à injecter de grandes quantités de liquidités au sein des marchés financiers dans le but de faire fléchir la monnaie unique et d’accroître la compétitivité des exportations libellées en euros.

Faut-il par conséquent anticiper un raffermissement du dollar face à l’euro ?

Toutes choses étant égales par ailleurs, l’important excédent de la balance courante européenne poussera le cours croisé EUR/USD à la hausse. Cependant, la BCE ne tient pas particulièrement à ce que cela se produise dans la mesure où un raffermissement de la monnaie implique un resserrement monétaire.

Parallèlement, le jeu qui consiste à deviner la date et l’ampleur de la prochaine hausse des taux de la Fed est devenu un passe-temps international. Nous n’anticipons pas plus qu’une hausse de taux supplémentaire cette année ; par conséquent, le dollar ne devrait pas souffrir selon nous par rapport à l’euro.

Bien que les facteurs sous-jacents ayant une incidence sur les deux monnaies soient complexes, nous pensons au final que, sauf surprises structurelles majeures, le cours croisé EUR/USD se maintiendra dans la fourchette de 1-1,15 cette année.

Comme on dit, « Plus ça change, plus c’est la même chose. »

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Article rédigé par KBL epb