La chevauchée sauvage devrait continuer

Les marchés boursiers internationaux continueront de fluctuer durant le reste de l’année et les divergences régionales devraient demeurer importantes.

Comme prévu, les marchés d’actions internationaux ont affiché des niveaux de volatilité élevés durant la première moitié de l’année. L’indice MSCI World a accusé un repli à deux chiffres mi-février, atteignant son plus bas niveau depuis 2013, puis il est remonté en territoire légèrement positif avant de repasser en territoire légèrement négatif suite à la surprise créée par le résultat du référendum britannique.

D’importantes divergences ont également été observées à l’échelle régionale. Si l’indice S&P 500 a enregistré une légère hausse par exemple, le Stoxx 600 européen a affiché un repli significatif.

Les marchés boursiers japonais n’ont pas non plus été épargnés, tandis que les marchés émergents (à l’exception notable de la Chine) ont pour la plupart légèrement progressé, bénéficiant de la montée récente des prix des matières premières. Les marchés d’Amérique latine, de Russie et certains marchés asiatiques devraient continuer de bénéficier de cette tendance.

Au premier semestre, les marchés d’actions ont souffert de l’effondrement des estimations en matière de bénéfices pour 2016.

En conséquence, les estimations concernant les bénéfices par action des entreprises tant européennes qu’américaines se sont effondrées, passant de +7 % en janvier à pratiquement zéro en juin.

Cela étant, le marché américain devrait bénéficier de divers facteurs comme la moyenne de 45 dollars le baril à laquelle le cours du pétrole semble s’établir, entraînant une augmentation anticipée des marges du S&P 500 de 40 points de base au second semestre. En revanche, la hausse des salaires américains et des exportations, pénalisées par la vigueur du dollar, pèsera sur les tendances en matière de bénéfices.

Nous pensons que les estimations consensuelles des analystes, qui tablent sur une croissance des bénéfices à deux chiffres pour l’Europe et les États-Unis, sont trop optimistes, étant donné que les marges américaines devraient faire face à des pressions supplémentaires et que le Brexit pourrait avoir des conséquences négatives sur les tendances actuelles de croissance européenne.

Parallèlement, les indicateurs de valorisation offrent une image contrastée.

Bien que les ratios cours/bénéfices se rapprochent de leurs moyennes historiques, les ratios cours/valeur comptable semblent plus attrayants, notamment en Europe – ce qui constitue l’une des raisons de privilégier les actions européennes à pondération neutre à leurs homologues américaines légèrement sous-pondérées.

Compte tenu des politiques expansionnistes menées actuellement par les banques centrales et de la quête désespérée de rendement, une pondération neutre à l’égard des actions nous semble pertinente. De fait, nous pensons que les marchés boursiers continueront de fluctuer durant le reste de l’année, avec un risque de baisse si les partis populistes gagnaient en vigueur.

Le vote en faveur du Brexit a suscité une grande incertitude, aggravée par les anticipations concernant l’évolution des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, la gestion par la Banque centrale européenne de son programme d’assouplissement quantitatif et l’issue imprévisible des élections américaines.

Compte tenu de l’ampleur du sentiment d’incertitude à l’échelle mondiale, nous anticipons une poursuite du mouvement de volatilité sur les marchés, alimentée dans une certaine mesure par le phénomène de thésaurisation des investisseurs, les volumes de liquidités détenus par les gérants de fonds internationaux se situant désormais à des niveaux inégalés depuis 2001. Une partie de cet argent formera des flux d’investissement entrants ou sortants suivant le degré de risque, ce qui ne fera que renforcer le caractère sauvage de cette chevauchée.

Article rédigé par KBL epb