Informations économiques – Pays par pays

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Pascal Bernachon, Directeur de la Gestion KBL Richelieu

 

U.S.A 

L’ensemble des indicateurs macroéconomiques sont positifs sur la période récente. La confiance du consommateur américain s’est améliorée de façon plus franche en hausse à 93,8 après une première estimation à 91,6 et 87,2 en octobre. La composante du jugement des consommateurs sur leur situation actuelle a augmenté à 107,3 contre 105,9 en première estimation et 103,2 le mois précédent. En octobre, les dépenses de consommation, qui sont le moteur de la croissance américaine et constituent les 2/3 du PIB, ont continué d’augmenter, avançant de 0,3%, mais à un rythme moins soutenu que le mois précédent.

Si les créations d’emplois ressortent inférieures aux mois précédents, le taux de chômage est tombé à 4.6%.
La composante salaire sera donc un des déterminants de la rapidité de remontée des taux de la FED pour les mois à venir, mais aussi l’évolution du dollar.

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Si certains évoquaient le risque d’une récession en 2017 en se déterminant sur la durée des cycles passés de l’économie américaine (ce que nous n’approuvons pas), il est clair que les baisses d’impôts envisagées et les travaux d’infrastructures qui seront étalés sur 4 ans écartent définitivement cette probabilité pour l’an prochain.

Mais cette composante salaires peut aussi produire d’autres effets négatifs et ce sur les marges des entreprises si elles ne sont pas en mesure de la répercuter ceci sur les prix de vente. Cette problématique est d’autant plus présente compte tenu du prix du marché actions américain.
A contrario, la baisse des impôts proposée serait à même de favoriser les programmes de rachats d’actions de la part des entreprises à l’appui d’une trésorerie positive.

Si certains évoquaient le risque d’une récession en 2017 en se déterminant sur la durée des cycles passés de l’économie américaine (ce que nous n’approuvons pas), il est clair que les baisses d’impôts envisagées, les travaux d’infrastructures qui seront étalés sur 4 ans écartent définitivement cette probabilité pour l’an prochain.

Mais cette composante salaires peut aussi produire d’autres effets négatifs et ce sur les marges des entreprises si elles ne sont pas en mesure de répercuter ceci sur les prix de vente. Cette problématique est d’autant plus présente compte tenu du prix du marché actions américain.

A contrario, la baisse des impôts proposés serait à même de favoriser les programmes de rachats d’actions à l’appui d’une trésorerie positive.

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Zone Euro 

La B.C.E a maintenu son discours « Dovish » en dépit de la poursuite de la remontée de l’inflation (0.5% y-o-y en octobre après 0.4% en septembre), jugeant que la composante principale était la hausse des prix de l’énergie et que la dynamique sous-jacente des prix restait des plus contenus.
Les indicateurs économiques se renforcent sur la dernière période et ce sont même les pays périphériques qui marquent les meilleures progressions face à l’Allemagne et la France.

Les enquêtes PMI flash de novembre ont par exemple surpris à la hausse (54.1 pour le PMI composite contre 53.3 attendu et après 53.3 en octobre), suggérant que la croissance du T4 pourrait être un peu plus forte par rapport au T3 (+0.3% q-o-q).
Indépendamment du référendum italien et donc de la capacité à régler le problème des banques italiennes, les élections françaises puis plus tard en Allemagne où Mme Merkel a choisi de se représenter vont maintenir un aléa politique sur les marchés d’actions.

Le secteur bancaire a repris quelques couleurs, (secteur cyclique par essence) mais reste sous l’influence de la réglementation et des décisions controversées de Bale 4 qui appelleraient certains établissements à renforcer une fois encore, leurs fonds propres.
Notons que le futur Secrétaire au Trésor américain, ancien de Goldman Sachs, prône un allégement de cette réglementation. Décidemment, les règles ne sont pas les mêmes des deux côtes de l’Atlantique.

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 Le poids des dépenses publiques dans le PIB comme le taux de prélèvements obligatoires sont très élevés, respectivement 55% et 44,5% en 2016, et supérieurs à la moyenne européenne. Il est donc logique de les réduire parallèlement.

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Royaume Uni 

Dans l’attente du « Brexit », le Royaume-Uni surprend agréablement avec une hausse du PIB de 0,7% sur le trimestre au T2. La demande domestique a été robuste, en hausse de 1,4% sur le trimestre (un plus haut depuis le T3 2014), tirée par une consommation des ménages en accélération (+0,9% au T2 après +0,7% au T1), des variations de stocks en hausse et un rebond de l’investissement de +1,6% après deux trimestres de baisse. L’investissement public a été robuste, enregistrant une hausse de 7,6% et l’investissement des entreprises rebondissent de 1,0% après le recul de 1,1% au 1er trimestre.

Seul le marché immobilier a montré des signes de faiblesse au moment où nombre d’entreprises financières s’interrogent sur des implantations au sein du vieux continent.
Cette croissance dynamique est probablement l’anticipation de la sortie du Royaume-uni de l’Europe (article 50) et devrait donc se réduire notablement dans les trimestres à venir.

Dans l’attente des décisions quant à la validité de sortie de l’Union Européenne sans passer par le parlement, le Brexit sera effectif en fin de 1er trimestre dans sa décision mais de nombreux mois seront nécessaires pour le formaliser.

Japon 

Un PIB en hausse de 0.5% contre 0.7% au 1er trimestre. Mais toujours confronté à la déflation avec un recul des prix de l’ordre de 0.4%, le Japon reste englué dans ses atermoiements sociologiques concernant la montée du travail des femmes, la faiblesse récurrente de la consommation et les faibles hausses salariales. Après le séisme de Kumamoto, nous pouvons constater une nette reprise des exportations. La faiblesse du yen, savamment entretenue, est l’unique facteur positif.

Brésil 

Certes, une stabilisation des cours du pétrole serait une bonne nouvelle pour le Brésil mais pour le moment, la problématique politique avec les affaires de corruption reste le frein principal à une amélioration du moral des consommateurs. C’est donc la consommation et l’investissement qui diminuent fortement provoquant un recul du PIB de 0.8%.

L’activité a également reculé de 2,9% par rapport au troisième trimestre 2015.

Chine 

Amélioration des indices PMI dont celui concernant les services, attestant de fait une croissance tournée vers la consommation même si ces progressions peuvent paraître lentes pour certains. Après la reprise du crédit qui avait propulsé de nouveau les prix immobiliers à la hausse, les autorités ont fermé ce robinet en poursuivant leur « fine Tuning » de la gestion de la croissance qui peut apparaitre comme un incessant Stop & Go.

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Comme déjà évoqué, la recherche de la valeur ajoutée dans l’industrie se poursuit et c’est donc régulièrement que la Chine diversifie des réserves de change par des actifs palpables via des velléités de rapprochement avec des sociétés occidentales (Kuka, Aixtron..).

Ceci provoque un élan de protectionnisme des Etats concernés qui ne souhaitent pas voir disparaitre leur fleuron de technologie ou de robotique, conduisant la Chine à devenir encore plus un concurrent frontal de nos entreprises.

Inde 

La décision de changer totalement les coupures de monnaies fiduciaires nous rappelle notre éditorial de septembre inspiré des propositions de M. Rogoff. La Banque Centrale a décidé de démonétiser les grosses coupures (billets de 500 et 1000). Ceci a pour but de lutter contre la corruption car tout porteur d’une somme conséquente à changer devait pouvoir justifier de sa provenance. Ceci peut déstabiliser à court terme l’économie indienne mais

les indices PMI ont montré des progressions significatives. Le PMI manufacturier est passé de 52,1 en septembre à 54,4, le PMI services de 52 à 54,5 et le PMI composite de 52,4 à 55,4. Le mois d’octobre a également vu les exportations accélérer leur croissance de 4,6% à 9,6% et l’inflation marque le pas à 4,2% contre 4,3% précédemment. La roupie indienne s’est affaissée avec la hausse du dollar. Le gouvernement a préparé conjointement une loi d’amnistie. L’Inde s’attaque donc au fardeau de la corruption.