Informations économiques : pays par pays

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

Il y a de nombreux mois, nous avions écrit un éditorial qui portait pour titre : Inflation, où es-tu ?

Nous pourrions reprendre ce titre plusieurs mois après car cette dernière reste toujours des plus limitée et rien ne semble pouvoir marquer une accélération durable de celle-ci.

Lors de la publication du PIB américain, l’indice des prix global de la consommation ressortait à 0.3% et à 0.9% pour son noyau dur. Ceci traduit des pressions de prix faibles dans l’outil de production et la difficulté des entreprises à rehausser leurs prix de vente. De plus, si nous avions assisté à des hausses de salaires sélectives au cours des derniers trimestres, les dernières publications démontrent que la pression salariale s’estompe.

Seul pays où nous avons une hausse des salaires constatée, c’est l’ Allemagne confrontée à un déficit présent de main d’œuvre disponible et qui ira en s’accentuant dans le futur.

U.S.A : la publication de l’inflation de juillet (le 11 août) a de nouveau déçu, pour le 5ème mois d’affilée. L’indice sous-jacent des prix à la consommation n’a progressé que de 0,1% en glissement mensuel contre 0,2% attendu, et en glissement annuel, l’indice est resté stable à 1,7%.

France : L’inflation est confirmée, à +0.7% YoY en juin, un léger ralentissement par rapport au mois de mai (+0.8% YoY). En glissement mensuel, elle stagne à 0%.

Allemagne : L’inflation allemande est également confirmée en juin dans sa lecture finale, à +1.6% YoY et +0.2% MoM.

U.S.A :

Le cycle économique se poursuit aux Etats-Unis. La publication de la 1ère estimation du PIB pour le T2-2017 devrait confirmer l’amélioration du contexte économique entamée depuis le 3ème trimestre 2016. Les estimations s’élèvent à +2,4 / 2,5% en glissement annuel contre +2,1% au 1er trimestre. Les indicateurs avancés de la Fed de New-York et d’Atlanta tablent respectivement sur une accélération de l’activité à +2,0% et +2,8%, en rythme séquentiel annualisé (soit respectivement +2,3% et +2,5% en glissement annuel).

La demande des ménages devrait se reprendre après un 1er trimestre décevant, les ménages bénéficiant de la hausse de leur pouvoir d’achat, dans le sillage du ralentissement de l’inflation. La consommation devrait rester le principal moteur de la croissance pour les trimestres à venir. De l’autre, l’investissement, aussi bien des ménages que des entreprises, devrait rester bien orienté. Seul le secteur immobilier semble marquer un essoufflement avec la hausse des prix à la construction.

Dans les prochains jours, le Congrès devra accepter un nouveau relèvement du plafond de la dette

(62 ème fois), le Président Trump demande en même temps le budget de financement du mur à la frontière mexicaine.

Des membres du gouvernement se sont exprimés de nombreuses fois sur la volonté de mettre en place la réforme fiscale mais rien ne semble prendre forme à court terme. Nous pensons que celle-ci pourrait survenir dans la dernière partie de l’année mais appellera de nombreuses discussions, les démocrates comme les républicains modérés demandant en contrepartie des coupes budgétaires.

Enfin, le cyclone Harvey va générer de nombreuses dépenses additionnelles d’autant que nombre de ménages n’étaient pas assurés contre le risque inondation. Dans un premier temps, ce cyclone devrait impacter négativement les données économiques de court terme.

R.Uni :

Avant tout, force est de constater que les négociations sur le « Brexit » sont presque au point mort, le Royaume maintenant son désir de discuter des futurs accords commerciaux avant même de régler les conditions financières de la sortie. Ce à quoi s’oppose Bruxelles. Il est évident que les deux parties n’envisagent pas les négociations sur le même aspect puisque le Royaume-Uni est bien plus dépendant des échanges avec les membres de la zone euro que cette zone vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Il en découle que les journées de négociation se suivent mais ne provoquent aucune avancée à ce stade.

Si les trimestres précédents avaient permis d’assister à une hausse marquée de la consommation des ménages, nous avions souligné que celle-ci était due en bonne partie à des achats d’anticipation post Brexit. Nous avons donc un repli sur le second trimestre (0.1% contre 0.4%) et le PIB a crû de 0.3%.

La baisse de la Livre contre euro mais aussi contre dollar a effectivement renchéri les importations.

Sur ce même trimestre, l’investissement a marqué le pas.

Notons aussi une baisse significative du taux d’épargne des ménages qui ne pourra donc pas non plus être un soutien à la consommation.

Zone Euro :

Comme évoqué précédemment, la zone euro accélère et la croissance se transmet même à des pays qui s’inscrivaient en retard sur ce cycle comme l’Italie. La Grèce connait même deux trimestres d’expansion.

En Italie, les derniers chiffres macroéconomiques montrent une amélioration du PIB avec une hausse de la consommation et une amélioration sensible de la confiance des investisseurs, en dépit d’une légère détérioration de la balance commerciale transalpine. Le PIB préliminaire du second trimestre, publié mi-août dernier, progressait de +0.4% et porte la croissance à +1.5% sur un an. Sur les six premiers mois de l’exercice, le PIB italien a progressé de +1.2%.

En France, le PIB du 2ème trimestre confirme l’embellie de la croissance (+1,8% en rythme annuel). La croissance T2-2017 est donc ressortie à +0,5% en rythme séquentiel. Ceci correspond à une nette accélération par rapport à celle enregistrée au 1er trimestre. Si la consommation progresse sur un rythme historique moyen (+0,3% en rythme séquentiel), les autres composantes présentent des contributions plus variables : ralentissement de l’investissement en rythme séquentiel (+0,5% vs +1,4% au T1-2017), contribution très favorable du commerce extérieur (matériel de transport mais aussi réduction des importations de pétrole avec la baisse du prix) par contre contribution nettement négative des stocks.

Le PMI manufacturier ressort à 57.4 en août dans son estimation préliminaire, soit son plus haut niveau depuis avril 2011, après 56.6 en juillet, supérieur aux attentes du consensus (56.3). En revanche, le PMI des services est en repli, à 54.9 contre un consensus à 55.4. Le PMI composite remonte à 55.8, une légère hausse par rapport au mois de juillet (55.7).

Le PMI manufacturier français s’établit à 55.8 en août dans sa lecture préliminaire, une nette progression par rapport à son niveau de juillet (54.9) et au-dessus aux attentes de 54.5. En revanche le PMI des services enregistre son troisième repli consécutif, à 55.5, alors que le consensus misait sur 55.8. Le PMI composite est resté stable par rapport au mois de juillet, à 55.6, quand le consensus tablait sur un léger repli, à 55.5.

Le PMI manufacturier allemand a surpris positivement en s’établissant à 59.4 en août dans sa lecture préliminaire, après 58.1 en juillet, alors que le consensus tablait sur un repli à 57.7. Le PMI des services est également en hausse, bien que plus modérée à 53.4, alors que le consensus anticipait 53.3. Le PMI composite ressort ainsi à 55.7.

L’Allemagne se porte à merveille et ne semble en rien handicapée par la hausse de la devise qui n’influe en rien sur ses exportations. Le PIB est en hausse de 0.6% au second trimestre soit 2.1%/an confirmant sa place de leader des grands pays de la zone. La consommation privée a accéléré et le climat des affaires (Indice IFO) se maintient sur ses plus hauts.

L’enquête trimestrielle sur le crédit publiée par la Banque centrale européenne montre que la majorité des établissements bancaires s’attend à un assouplissement des conditions de crédits.

Japon :

Le PIB du second trimestre est ressorti avec une croissance de 1%. Les exportations continuent leur progression alors que les importations fléchissent légèrement. La banque du Japon a marqué sa confiance dans l’environnement économique, notant que l’inflation restait sur des niveaux toujours bas soit +0.4%. La bourse japonaise a subi de toute évidence les tensions avec la Corée du Nord et la baisse des exportatrices suite à la hausse de la devise.

La production industrielle s’est contractée de 3,3% sur le mois de mai après le bond de 4% en avril. Le taux de chômage se maintient sur ses plus bas niveaux en 20 ans, à 3,1% de la population active.

Sur les marchés émergents, la bonne tenue du commerce mondial et la demande américaine sont des facteurs de soutien de leurs économies en tirant leurs exportations. Les moindres pressions inflationnistes laissent des marges de manœuvre aux politiques monétaires et elles ne devraient pas être impactées par un durcissement des conditions de la Réserve Fédérale.

Nous devrions assister à une reprise des investissements dans cette zone.

 

Brésil :

Dans un environnement judiciaire toujours tendu ouvrant de nouvelles enquêtes pour corruptions liées aux jeux olympiques, le Président Temer revient sur sa décision de geler des baisses d’impôts décidées par Mme Rousseff sur des secteurs industriels. Ce revirement intervient après des risques de ralentissement évoqués par le Ministre des finances alors que le PIB du premier trimestre s’inscrivait en hausse de 1% mais celui du second à +0.2%, faisant suite à une longue période de récession. La baisse de l’inflation qui a permis une nette détente des taux (Selic) de la banque centrale a soutenu la consommation sur une croissance de 3%/an en juin.

Les indicateurs économiques montrent une légère amélioration sur la période et confortent les investisseurs internationaux qui sont revenus sur ce pays avec l’espoir de poursuite des réformes puisque la mise en accusation du président a été repoussée par les députés.

La bourse brésilienne fait donc une des meilleures performances des marchés mondiaux avec une nette accélération en fin de période après l’annonce d’un vaste plan de privatisation par le gouvernement.

 

Inde :

Consolidation du marché des actions indien en dépit d’une présence accrue des investisseurs domestiques mais la déception sur les publications des indicateurs économiques (PMI services et PMI manufacturier) et une mousson qui pourrait être défavorable pour la composante inflation/prix agroalimentaires justifient une plus grande prudence de la part des investisseurs internationaux.

Le PMI manufacturier a reculé en juin sur 50.9 contre 51.6. Le PMI services progresse sur 53.1 contre 52.2.

 

Chine :

Le PIB chinois du 2T est finalement meilleur que prévu à +6.9% vs 6.8% attendu et progresse au même rythme qu’au trimestre précédent. Sur le trimestre la croissance est de 1.7% en ligne avec les attentes, mais largement supérieure au +1.3% du 1T. Ce sont les ventes au détail et la production industrielle qui tire la croissance, ainsi que le rebond des exportations. Le marché immobilier ne marque pas de ralentissement marqué avec une hausse de 9.7%/an en juillet après +10.2%. Nous assistons à une hausse des crédits à la consommation qui devrait être un facteur positif pour les achats des ménages.

Les investisseurs ont donc laissé de côté les craintes régulières de Hard Landing fréquemment évoquées et sont bien obligés de constater que les autorités réussissent, pour le moment, à gérer les risques nés des années antérieures. Fermeture de surcapacités, montée en puissance dans la valeur ajoutée de l’industrie et hausse de la consommation domestique sont constatées.

Les sorties de capitaux que nous avions constatées en début d’année se sont taries, offrant un soutien à la devise chinoise.

Les profits industriels ont fortement augmenté soit +19.1% contre +16.7%.et les autorités continuent de gérer d’une manière active les investissements, en limitant ceux qui sont faits à l’extérieur du pays.

Le changement de modèle de croissance appelle les autorités chinoises à réviser leur calcul de la production et prendra désormais en compte les secteurs à forte croissance comme ceux de la propriété intellectuelle, la santé, le tourisme et les industries émergentes.

Mi-octobre, nous arriverons au terme du Congrès du Parti Communiste Chinois qui renforcera les pouvoirs du Président Xi Jinping. Ce dernier s’attache à endiguer les risques en créant un conseil de stabilité financière et de développement afin de surveiller le secteur financier.

L’indice PMI manufacturier d’août est meilleur que prévu à 51.7 vs 51.3 attendu, en accélération par rapport au mois précédent qui était à 51.4. Ce chiffre est boosté par les dépenses d’infrastructures ainsi que par un rebond des exportations et une bonne demande domestique. Le PMI des services est quant à lui en baisse à 53.4 (niveau le plus faible depuis mai 2016) en août vs 54.5 en juillet.

Enfin, la politique de deleveraging du gouvernement chinois porte ses fruits chez les plus grosses banques du pays.