Informations économiques : pays par pays

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, Richelieu investment Funds (RIF)

U.S.A :

La croissance du PIB a été révisée à la hausse de 0.2pts, à 1.4% QoQ (annualisé) dans sa troisième lecture, contre 1.2% attendu par le consensus. Notons une révision à la hausse de la consommation personnelle à 1.1% contre 0.5% précédemment. Certains indicateurs macroéconomiques ont montré un léger infléchissement de l’activité mais ne sont en rien le présage d’une récession qui pourrait survenir dans les mois à venir. Si nous parlons de récession, c’est par ce que la lecture historique des cycles d’expansion démontrerait que nous avons déjà dépassé le pic d’activité aux U.S.A, ce qui déboucherait sur un ralentissement plus marqué. Nous considérons que le cycle actuel est totalement différent dans sa composition des cycles précédents et n’a pas répondu au mouvement habituel d’une reprise en V.

Les doutes sur les promesses de M. Trump persistent à juste raison. La réforme de l’Obamacare a été repoussée une seconde fois et un vote avant les vacances parlementaires semble exclu. La probabilité d’une réforme fiscale de grande ampleur est difficile à imaginer dans un tel contexte.

Nous pensons que nous pourrions avoir une légère accélération de l’activité au second semestre après le ralentissement que nous venons d’observer.

Bien entendu, il ne faut pas ignorer l’incertitude politique entourant le risque de destitution du Président Trump.

Zone Euro :

La zone euro bénéficie toujours d’un momentum positif démontrant une légère accélération de l’activité. Ce qui a permis à la B.C.E de réviser en hausse ses prévisions soit de 1.8% à 2% de croissance pour 2017 .
L’activité manufacturière dans la zone euro a connu en juin sa plus forte croissance depuis plus de six ans comme le montre l’enquête IHS Markit auprès des directeurs d’achats. L’indice PMI manufacturier définitif de la zone euro s’est élevé à 57,4 le mois dernier après 57,0 en mai. Ceci est d’autant plus facilité par la faiblesse des cours de l’énergie.

La demande intérieure de la zone reste plus vigoureuse qu’anticipé, aidée en grande partie par une nette reprise de l’investissement. Le climat des affaires s’est redressé (il est au plus haut depuis 2011).

Cette croissance permet d’assister à une reprise de l’emploi, ce qui est un soutien à la consommation.

Japon :

La croissance du PIB au T1 est ressortie inférieure aux estimations en raison d’un ajustement des stocks des entreprises. Cette dernière a été révisée à 1% en rythme annuel alors qu’elle avait été annoncée en hausse de 2,2% en estimation préliminaire.
La production industrielle s’est, contractée de 3,3% sur le mois de mai après le bond de 4% en avril. Le taux de chômage se maintient sur ses plus bas niveaux en 20 ans, à 3,1% de la population active. L’indice PMI manufacturier de mai s’est avéré en hausse à 53,1 contre 52,0 le mois précédent, l’indice PMI services suit en légère hausse. Si les exportations progressent , il en est de même pour les importations avec un alourdissement de la facture énergétique, provoquant un déficit de la balance commerciale.

Notons que le parti du 1er Ministre, M. Abe, a subi une défaite électorale lors des élections de Tokyo, perdant la moitié de ses représentants dans la capitale avec seulement 23 sièges, son score le plus faible depuis la fin de la 2ème guerre mondiale. Ceci fragilise M. Abe pour les élections de l’an prochain.

Nous rappelons que le Japon bénéficie de la demande de ses voisins asiatiques et de ses avancées technologiques mais ces facteurs positifs ne masquent pas les défis structurels du pays dont nous ne percevons pas d’amélioration depuis longtemps. Les salaires ne progressent toujours pas assez donc le taux d’épargne des entreprises augmente et participe, via les dépôts bancaires, au financement de la dette du pays.

La banque du Japon n’a pas d’autre choix que d’acheter la dette domestique pour maintenir le taux le plus proche de 0 %. Ceci augmente l’offre de Yens disponible. Si nous ne pouvons nier qu’une accélération baissière du yen serait un facteur positif pour la bourse nippone à l’appui de ses valeurs exportatrices, elle impacterait considérablement le prix des importations au risque de diminuer notablement une perte de pouvoir d’achat des ménages, qui ne sont pas déjà des grands consommateurs.

 

Sur les marchés émergents, la bonne tenue du commerce mondial et la demande américaine sont des facteurs de soutien de leurs économies en tirant leurs exportations. Les moindres pressions inflationnistes laissent des marges de manœuvre aux politiques monétaires et elles ne devraient pas être impactées par un durcissement des conditions de la Réserve Fédérale.

Nous devrions assister à une reprise des investissements dans cette zone.

Russie :

Lors d’un symposium devant des chefs d’entreprises , le Président Poutine s’est félicité de la sortie de récession du pays en dépit du maintien des sanctions qui lui sont imposées. Effectivement, le maintien des cours de l’or noir et la meilleure tenue des matières premières permettront une croissance positive du PIB. Cependant, force est de constater que les investissements de modernisation de l’appareil productif russe est toujours ignoré. A un an des élections, certaines décisions à vocation électoralistes pourraient être un facteur de soutien de la consommation domestique.

Brésil :

Nous avons une amélioration des fondamentaux de l’économie brésilienne qui sort de la récession. Mais la crise politique s’intensifie avec la demande du procureur général d’accusation de corruption sur le Président Temer. Les indices PMI sur le mois de juin reculent et repassent sous le niveau d’expansion d’activité soit 48.5 pour le PMI composite.

Chine :

La Chine poursuit ses objectifs de croissance et de nettoyage des bilans des banques, à pas mesuré. Nous avions évoqué le mois dernier les différents challenges du gouvernement et la difficulté de rendre compatibles ceux-ci en maintenant l’objectif de PIB nécessaire à la paix sociale comme à la hausse de la demande domestique. Ceci avait été illustré en bonne partie par la politique monétaire de la banque centrale qui pouvait parfois être interprétée comme des revirements alors que cela correspondait plus à des ajustements sur le crédit distribué.

Les autorités ont demandé ce mois dernier aux grandes entreprises de freiner leurs appétits d’acquisitions de compagnies étrangères afin de ne pas fragiliser plus le bilan des banques et de contrôler les sorties de capitaux.

L’objectif de la banque centrale, est aussi de diminuer le poids du Shadow Banking dans la distribution de crédits.
Les exportations chinoises en mai ont progressé de 8.7%, ce qui est largement plus que la progression de 7.2% qui était attendue et c’est aussi mieux que le +8% d’avril. Les importations progressent quant à elles de 14.8%, ce qui est là aussi supérieur au +8.3% attendu et au +11.9% du mois d’avril. La balance commerciale est excédentaire de 40.8 Mds$. Les ventes au détail se maintiennent sur les niveaux précédents. Inversement, le secteur immobilier marque le pas, que ce soit sur l’investissement, les mises en construction ou les ventes. Ceci est moins probant dans les villes moyennes.Notons que les tensions existantes entre les autorités chinoises et les Etats Unis peuvent créer, certes, des barrières protectionnistes ciblées sur certains produits mais renforcent à contrario le poids géopolitique de la Chine avec le reste du monde ( y compris l’Europe). Ceci illustre parfaitement nos propos de début d’année où nous mettions en avant que la géopolitique serait un facteur déterminant de l’économie en 2017.

Inde :

M. Modi poursuit les réformes en simplifiant la fiscalité sur les ventes de biens et de services, l’Inde a simplifié les taux de prélèvement en appliquant quatre taux de la taxe sur les biens et services (GST) qui remplacent plus d’une douzaine d’impôts fédéraux et locaux, unifiant un marché de près de 1.3Mds d’habitants représentant 2000 Mds$ d’activités économiques.

Le PMI manufacturier a reculé en juin sur 50.9 contre 51.6. Le PMI services progresse sur 53.1 contre 52.2.