Informations économiques – Pays par pays

pascalbernachon-bdef

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la Gestion KBL Richelieu

U.S.A 

La croissance du PIB pour le 3ème trimestre a été révisée en hausse à sa troisième lecture et surprend positivement, à +3.5% (rythme annualisé) contre 3.2% précédemment et seulement 3.3% attendu. Cela représente le rythme le plus rapide depuis deux ans. Dans le détail, la consommation des ménages (2/3 de l’économie) a augmenté à un rythme de 3% contre 2.8% calculé précédemment.

Les données de novembre liées aux ménages montrent un ralentissement par rapport à octobre mais les indices de confiance restent sur leurs plus hauts.
Les revenus personnels s’affichent stables à 0% contre +0.3% attendu et +0.5% en octobre, quand la consommation des ménages augmente de 0.2% contre +0.3% attendu et +0.4% le mois précédent.

Les autres indicateurs (PMI) restent favorables.

Nous pouvons du reste nous interpeller sur la nature de cette relance keynésienne dans une économie qui se porte bien et de plein emploi. L’interventionnisme d’Etat a pour but de se substituer au secteur privé quand la récession survient. Si l’application des décisions fiscales sera bienvenue tant pour les ménages que les entreprises, elle ne nous apparait pas être le moteur suffisant pour améliorer durablement le niveau de vie des « laissés pour compte ». Des investissements en matière d’éducation, de formation professionnelle et (oui) de ré-industrialisations, donc des investissements qui préparent l’avenir nous sembleraient plus appropriés.

La proposition de travaux d’infrastructures du nouveau locataire de la Maison Blanche devra obtenir l’accord du Congrès qui demandera probablement la réduction de dépenses équivalentes. Notons qu’un plan de 300 milliards de dollars était déjà octroyé dans le cadre de la « Highway Bill » de 2015.

Quoiqu’il en soit, les mesures qui seraient acceptées seront un facteur de soutien de l’économie écartant tout risque de récession en 2017.
Comme évoqué dans le paragraphe sur l’inflation, nous resterons attentifs à l’évolution des salaires pour les mois à venir.

La remontée des taux a eu pour le moment un impact limité sur le secteur immobilier (hors revente de logements en cours en novembre), les investisseurs seront attentifs aux données liées à l‘immobilier qui aura été un contributeur significatif de l’amélioration de la richesse des ménages.

 

Zone Euro 

Si les indicateurs économiques se sont avérés positifs, il ne faut pas oublier que certains facteurs de soutien comme la dépréciation de l’euro ou la baisse des cours de l’or noir s’estompent. Ceci pourrait influer négativement sur le pouvoir d’achat des ménages. A contrario, la remontée des cours des matières premières peut redonner à certaines entreprises une meilleure capacité de fixation de leurs prix.

Ceci serait alors favorable à une reprise plus durable de l‘investissement, lequel se substituerait en partie à la baisse potentielle de la consommation dans le PIB.

En effet, les dernières données sur l’investissement sont encourageantes, validant l’action de la B.C.E.

Le crédit aux entreprises a progressé de 2,2% en novembre sur un an, son plus haut niveau de croissance depuis la mi-2009. La France n’est pas en reste selon la Banque de France, les crédits à l’investissement ont progressé de 4,1% en France en novembre en rythme annuel, après 4% en octobre.

Notons aussi l’amélioration du bâtiment tant en France qu’en Allemagne.

Ce regain de confiance ne permet pas d’envisager un rebond significatif du PIB de la zone euro, faute de réformes entreprises dans certains pays et des périodes d’attentismes qui pourraient prévaloir en période électorale.

 

Royaume Uni 

Pas d’effet Brexit constaté ces dernières semaines. Même le marché immobilier a pu enregistrer une minime hausse des prix sur le dernier mois publié.

Ce sera donc au second trimestre que la Première Ministre britannique mettra en œuvre l’article 50 ouvrant de longues négociations sur les modalités de sortie et en en préparant d’aussi longues sur les futures relations de la couronne avec le reste de l’Europe.

Nous restons toujours sur un scénario de « Hard Brexit ». Considérant que France, Italie comme Allemagne resteront le plus inflexible possible pour éviter d’autres tentations de sortie d’une communauté non aboutie.

 

Japon 

La production industrielle japonaise de novembre a progressé de 1.5% vs 1.7% attendu, mais cela se compare à 0% en octobre. La production de composants électroniques a rebondi de 3.6% et la production des équipements de transport progresse de 2%. Il faut aussi noter que c’est le 3ème mois consécutif que les stocks baissent et que les exportations augmentent. La tendance devrait continuer de s’améliorer car les chefs d’entreprises sondés estiment que la production devrait progresser de 2% en décembre et 2.2% en janvier.

Pour finir, les ventes au détail de novembre sont elles aussi meilleures que prévues, avec une progression de 1.7% vs 0.8% attendu, ce qui est le meilleur chiffre depuis 1 an.

La baisse du yen est clairement le facteur déterminant de la ré-accélération de l’économie japonaise. Nous restons toujours circonspects sur l’évolution de la demande domestique et des espoirs de modifications sociales y compris sur les salaires réclamés en hausse depuis de nombreux mois par M. Abe. Ce dernier envisage une taxation allégée pour les entreprises qui augmenteraient les salaires.

Indépendamment des problèmes rencontrés par Toshiba (exposition sur le nucléaire via Westinghouse) qui a provoqué un léger repli de l’indice Nikkei en toute dernière période, la bourse japonaise restera conditionnée par les parités de change du Yen et à la bonne santé de ses voisins clients asiatiques. Le Yen a baissé de 10% depuis l’élection de D. Trump.

 

Brésil 

Le Brésil peut sortir de la récession grâce au rebond des cours de l‘or noir et la stabilisation des prix des autres matières premières. Toujours confronté à une défiance liée à la corruption et l’affaire Petrobras, le Président Temer a réaffirmé ces derniers jours sa volonté de maintenir un rythme rapide de réformes structurelles pour le pays, tout en ayant entériné une règle d’or budgétaire stricte. Il a lancé la procédure de réformes des retraites et prépare d’autres réformes sur le marché du travail, mais aussi le code de taxation.

Le Brésil n’est pas sorti de pressions négatives que ce soit sa notation en catégorie « non-investment grade » pour les agences de notation, ce qui maintient le pays sous pression.

De plus, il pâtirait comme d’autres des mesures protectionnistes de M. Trump et de leurs effets sur le commerce international.

 

Russie

Une bouffée d’air a été apportée par la hausse des cours du baril. Mais la plus grande réussite de la Russie n’est toujours pas dans la modernisation de son appareil industriel mais dans la reprise en main de son rôle

de premier plan sur le terrain géopolitique. Ceci permet au Président Poutine de recueillir 80% d’opinions favorables. Tout est dit.

Chine

Le Premier Ministre a revu à la baisse les perspectives de croissance pour le PIB 2017, dans une fourchette de 6 à 7%. Ceci rejoint totalement nos prévisions passées d’un PIB en hausse de 5.5% à horizon 2020. Comme les mois précédents, accumulation de mesures pour diriger la croissance en « Fine Tuning », plus de crédits quand il le faut, moins de crédits lorsque cela s’emballe trop. Règlement des surcapacités dans la durée, règlement des dettes insolvables et parfois usage du défaut sur certains emprunts obligataires.

La Chine poursuit son objectif d’une économie qui doit amplifier la consommation domestique et les dernières publications sur les ventes au détail ont été satisfaisantes, en légère hausse.

Un objectif de long terme avec des ajustements de contraintes de court terme.

La baisse du Yuan est satisfaisante pour une bonne partie de l’industrie qui reste à faible valeur ajoutée même si le pays a pris au cours des derniers mois un réel virage vers une industrie à haute valeur ajoutée. Nous nous plaisons à rappeler que l’absence de démocratie électorale offre aux gouvernants chinois le temps de réalisation de leurs objectifs dont aucun Président de pays démocrates ne pourrait disposer. Règlement des créances douteuses, bulle du secteur immobilier restent encore gérables avant que le pays soit au pied du mur,….encore quelques temps mais pas éternellement faute de munitions qui s’assécheront inévitablement au fil des années.

Le sujet d’actualité à venir sera bien entendu les relations commerciales de la Chine avec les Etats-Unis où quelques tensions ne peuvent être écartées. Gageons que l’économie reprendra ses droits à terme.

Inde

Comme évoqué le mois dernier, l’abandon des grosses coupures de monnaies a un impact négatif à court terme mais ses effets devraient s’estomper dans le temps et avoir un impact sur l’économie parallèle et la corruption, chevaux de bataille de M. Modi depuis son arrivée au pouvoir. La croissance du PIB de l’année passée est restée du reste dynamique.

Si le train de modernisation voulue par le Premier Ministre commencera à produire ses effets, le facteur inflation sera prédominant pour ce pays qui est importateur net de son énergie.