Informations économiques : Pays par pays

Article comparatif des informations économiques triées pays par pays, par Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion. 

Vue globale :

Nous pouvons recopier à l’identique les écrits du mois dernier d’autant que nous assistons à une stabilisation des indicateurs économiques, même d’une remontée de certains d’entre eux. Ceci nous confirme que l’activité marquait le pas après le pic de fin d’année ; nous restons dans un cycle positif même si les enquêtes nationales de climat des affaires (Ifo en Allemagne, INSEE en France, Istat en Italie) ont envoyé des signaux plus décevants.

Au niveau de l’Europe où le Président français souhaite des avancées en vue des prochaines élections européennes, il apparait difficile d’avoir une grande évolution sur le fonctionnement de la communauté ou la mise en place de solidarités inter pays au vu des commentaires émanant d’Allemagne où Mme Merkel n’est plus en mesure d’imposer ses vues face à une coalition qui ne veut en rien distribuer (ou partager) les excédents allemands.

En Italie, retour aux errements du passé, l’impossible coalition semble ne pas pouvoir écarter l’idée de nouvelles élections et donc d’une administration technocratique en attendant de trouver une éventuelle coalition de gouvernement.

U.S.A :

Comme chaque année, le PIB du 1er trimestre est inférieur au niveau de croissance des trois trimestres suivants. Une partie de cette moindre croissance est souvent l’effet des conditions climatiques. La demande domestique continue de croître à un rythme vigoureux (+2,6% pour la consommation des ménages et +6,1% pour les investissements des entreprises). Les dépenses publiques commencent à soutenir davantage l’économie américaine.
Le PMI manufacturier augmente à 56.5 en avril, au-dessus des 55.2 attendus et des 55.6 de la période précédente. L’indice Michigan de confiance des consommateurs augmente à 98.8 en avril (vs 97.8 pour le mois précédent), aux dessus des 98 attendus. L’indice de la situation économique actuelle diminue en revanche à 114.9 (vs 115 attendus), et celui des attentes des consommateurs augmente à 88.4 (vs 86.8 le mois précédent), au-dessus des 86.9 attendus… L’institut de conjoncture a indiqué que son indice de confiance des ménages était remonté à 128,7 ce mois-ci, contre 127 en mars, en données révisées.

Si les créations d’emplois se sont légèrement tassées, ce qui nous semble naturel en période de plein emploi, la Fed attend un taux de chômage de 3,8% d’ici à la fin d’année. Les hausses de salaire horaire restent limitées avec une accélération du rythme annuel d’augmentation à 2,7%.

Ces indicateurs permettent au Conference Board de dire : « dans l’ensemble, les niveaux de confiance demeurent élevés et laissent à penser que l’économie va continuer de croître à un rythme robuste dans les mois à venir».

Nous pouvons noter la qualité des publications de résultats du 1er trimestre, certes aidée par les effets de la réforme fiscale justifiant une hausse des profits bien supérieures aux revenus. Ce ne sont donc pas la hausse des ventes qui en sont l’explication primordiale. Sur le T1 2018, Les profits ressortent en hausse de +18.68% (vs +14.53% au T1 2017) et de +17.03% hors énergie. Les revenus augmentent quant à eux de +7.07% (vs. +7.79% au T1 2017) et de +6.30% hors énergie.

Nous anticipons donc une accélération de la croissance au cours des trimestres à venir sur un trend de 2.5%.

Zone Euro :

Le produit intérieur brut a progressé à un rythme de 1,7% au premier trimestre en données annualisées, en léger fléchissement par rapport aux 2,7% enregistrés au quatrième trimestre 2017, mais en ligne avec les attentes du consensus. Les conditions climatiques avec les fortes chutes de neige justifient en partie ce ralentissement. Le taux de chômage est stable à 8,5% au sein de la zone euro. Les derniers indices montrent en outre une stabilisation de l’activité. L’indice PMI Markit des directeurs d’achats a été légèrement révisé à la hausse à un niveau de 56,2 en avril, en légère baisse par rapport au niveau de 56,6 signé en mars mais toujours au-dessus du seuil des 50, délimitant croissance et contraction de l’activité. Le climat des affaires dans la zone euro s’est dégradé au premier trimestre selon l’Institut IFO, d’un plus haut de 43,2 au dernier trimestre 2017 à 31,1 points.

L’impossibilité d’avoir une coalition gouvernementale en Italie et donc la probabilité de nouvelles élections devrait fragiliser le spread de la dette italienne contre Bund avec de probables tensions mais limitées à l’appui de la présence de la B.C.E et de son programme de rachats, encore en cours.

Notre scénario milite toujours pour une normalisation de la croissance après la phase d’accélération de fin 2017 et un potentiel de hausse du PIB annuel de l’ordre de 2%.

France :

La croissance a ralenti plus que prévu au premier trimestre, tombant à 0,3% sous l’impact notamment d’une consommation des ménages atone et d’une nette décélération des investissements des entreprises. La consommation des ménages s’est réduite en lien avec un

pouvoir d’achat grevé par les éléments fiscaux (taxes sur hydrocarbures, tabac, CSG,…), tandis que l’investissement des entreprises semble avoir pâti de la fin du suramortissement (+0,5% vs +1,6%). La contribution du commerce extérieur est nulle. Bien entendu, les conditions climatiques ont aussi joué en défaveur de l’activité, comme les grèves impacteront le PIB du second trimestre de l’ordre de 0.1 à 0.2%.

Le PMI manufacturier pour avril est en ligne avec les attentes à 53.4, soit une baisse par rapport au mois précédent (53.7).

Allemagne :  

La croissance du secteur privé allemand diminue en mars. Le PMI manufacturier baisse à 58.1 et les commandes aux usines reculent.

Le PMI manufacturier diminue légèrement à 58.1 (vs 58.2 en mars) mais reste au-dessus des 57.6 attendus.

Royaume Uni :

Le produit intérieur brut a progressé de 1,2% sur un an et de 0,1% par rapport au quatrième trimestre 2017. C’est donc un net ralentissement par rapport au trimestre précédent, au cours duquel l’économie avait crû de 0,4%. L’ONS a indiqué que la contraction du secteur de la construction avait pesé sur la croissance économique du Royaume-Uni, mais a précisé que l’impact des épisodes neigeux au premier trimestre avait été limité. Alors que la Banque d’Angleterre anticipait des tensions sur les salaires, les dernières publications ne montrent pas d’accélération. Si le mois dernier le ton était plus encourageant entre le négociateur européen sur le Brexit et les autorités britanniques, la problématique de la frontière irlandaise refait surface et la Chambre des Lords fragilise de plus en plus la 1ère Ministre qui pourrait se trouver en minorité.

Espagne :

Le PIB de l’Espagne a crû de 0,7 % au premier trimestre, comme au cours des trois mois précédents, selon l’INE. En rythme annuel, la croissance ressort à 2,9 % contre 3 % enregistrés au

premier trimestre 2017. Le gouvernement et la Banque d’Espagne tablent pour 2018 sur une croissance globale de 2,7 %, après trois années d’affilée de croissance supérieure à 3 %.

Japon :

Les indicateurs PMI manufacturiers comme ceux des services restent inscrits au-dessus de 50 à 53.8 et 52.5. La consommation s’est légèrement tassée au cours du dernier mois et l’enquête Tankan démontre que la reprise haussière du Yen a modéré l’optimisme des chefs d’industrie, particulièrement les exportatrices. Dans les services, les craintes se concentrent sur la pénurie de main d’œuvre. Le PIB qui sera publié mi-mai est attendu en progression de 0.4%.

Chine :

La croissance du 1er trimestre est ressortie en ligne avec les attentes soit +6.8%, aidée par la bonne tenue de la consommation où nous pouvons noter une franche accélération du commerce en ligne (+35%). Inversement, nous avons, sur la période passée, un recul des investissements hors investissements immobiliers. Les indicateurs économiques attestent d’un léger tassement de la croissance. Mais les autorités prendront comme d’habitude les mesures de soutien, aidés par la politique de la Banque Centrale en matière de crédits, afin d’atteindre l’objectif de croissance du PIB tel que défini lors du Congrès national du peuple, à savoir +6.5% pour 2018. Mais le plus important est le passage d’une vue quantitative (objectif de croissance) à une vue qualitative (nature de la croissance, lutte contre la pauvreté, lutte contre la pollution).

La croissance du secteur manufacturier chinois a accéléré en avril, avec notamment une bonne tenue de la production. Il montre cependant un repli des commandes à l’exportation. L’indice est ainsi ressorti à 51,1 après 51,0 en mars, qui avait touché un creux de quatre mois, et 51,5 en janvier.

La politique budgétaire restera expansionniste avec le même niveau des dépenses publiques en 2018 par rapport à 2017.

Les autorités ont légèrement modifié les parités de changes. Le fixing du yuan a été abaissé de 1.3% sur les 10 derniers jours du mois.

La poursuite du désendettement reste une priorité pour la stabilité financière.