Informations économiques : Pays par pays

Article comparatif des informations économiques triées pays par pays, par Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion. 


Vue globale :

Après un léger infléchissement, les indices de bonnes surprises économiques publiés par Citigroup se sont récemment redressés et l’ensemble des indicateurs d’activité restent des plus favorables, proche de leurs plus hauts. Il n’y a donc , à ce jour, aucune remise en question de l’environnement économique mondial qui reste porteur même si l’alignement des étoiles que nous avons eu en 2017 s’estompe à la fois par les cours du baril en hausse depuis leurs points bas et des changements de politiques monétaires présentes et à venir.

U.S.A : 

Les chiffres du PIB ont confirmé l’accélération de la croissance américaine à 2,3% en 2017, après celle de 1,5% enregistrée en 2016, malgré un ralentissement à 2,6% en rythme annuel au dernier trimestre 2017. Les dépenses de consommation, dont dépend plus de 65% de l’activité aux Etats-Unis, ont progressé à un rythme de 3,8% au trimestre dernier, et les importations de 13,9%, leur plus forte hausse depuis 2010, ce qui traduit le dynamisme de la demande intérieure

même si le commerce extérieur a ôté 1,1 point de croissance et les stocks 0,7 point.

La consommation bénéficie indubitablement de l’amélioration du marché du travail et de la confiance des consommateurs mais il est évident que les ménages ont aussi puisé dans leur épargne, le taux d’épargne des ménages est tombé à 2.4%.

Zone Euro :

Cette zone bénéficie toujours d’un momentum économique des plus favorables qui a généré de nouvelles révisions en hausse des perspectives d’activité. Que ce soient les indices PMI, la confiance des consommateurs ou les investissements même si la distribution de crédit a récemment marqué le pas en se maintenant sur un trend positif.

Royaume Uni :

La Première Ministre britannique semble de plus en plus fragilisée, d’autant plus que des prévisions économiques ont été publiées sur les conséquences de ce Brexit sur l’économie du Royaume. La perte de PIB ressortirait selon les différentes études entre -2% pour les plus optimistes mais jusqu’à -9% pour les études les plus pessimistes. La probabilité d’un non accord

au mois de mars qui permettrait d’ouvrir sereinement les négociations sur l’après Brexit reste forte. En effet, l’Union Européenne a décidé de priver le Royaume-Uni de son droit de vote sur la législation pendant toute la période de transition. Le Royaume–Uni bénéficiera toujours des accords commerciaux de l’Union pendant cette période mais ne pourra commencer à négocier des accords avec des pays tiers avant la date effective de la séparation soit le 31 décembre 2020. Tout ceci sans omettre que Mme May est désormais dépendante de l’accord de son parlement. Le « Hard Brexit » reste une probabilité.

Mais soyons conscients que de nouveaux accords commerciaux demanderont beaucoup de temps et que la période de latence, par l’accroissement des formalités administratives et douanières, ne serait pas anodin pour l’activité de la Grande Bretagne.

Chine :

L’indice PMI manufacturier a reculé à 51,3 en janvier, comparé à 51,6 le mois d’avant. C’est

un plus bas depuis mai dernier. Tous les sous-indices ont suivi la même trajectoire. La

production est ainsi passée de 54 (en décembre) à 53,5 (le mois dernier), les nouvelles commandes de 53,4 à 52,6, celles à l’exportation de 51,9 à 49,5 et l’emploi de 48,5 à 48,3. Nous ne sommes pas surpris par le recul de ces indicateurs qui restent néanmoins en zone de croissance. Une partie de ce recul s’explique par la fermeture de nombreuses capacités de production en fin d’année pour des raisons de surcapacités existantes et de baisse volontaire de la pollution. Cette dernière s’est réduite de moitié à Pékin en fin d’année. Cette volonté est à la fois politique (trouble sociaux) et économique au regard des dépenses générées par les troubles liés à la santé.

A contrario, l’indice PMI des services s’est inscrit en hausse de 0,3 point en janvier (par rapport à décembre), à 55,3.

Russie :

Le PIB de la Russie ressort positif à +1.5% sur l’an passé et confirme donc la sortie de récession mais s’avère sous les attentes des autorités qui espéraient 2%. L’influence de la hausse des prix du pétrole a permis néanmoins ce retour en territoire positif après deux années de récession.

La bonne tenue des cours du baril de pétrole aura donc permis au déficit budgétaire annuel de revenir sur -1.4% en 2017 contre -3.6% en 2016.

Pologne :

Les premières estimations du taux de croissance du PIB pour l’année 2017 indiquent 4,6% soit un plus haut depuis 6 ans. La consommation des ménages demeure encore cette année le principal moteur de l’économie, suivie par la reprise des investissements à +5.4%.
Comme d’autres pays de l’Est, la Pologne a bénéficié cette année des versements des fonds structurels de la communauté européenne. Une étude met en avant que la dérive politique sur l’état de droit en Pologne pourrait limiter les versements futurs.