Informations économiques : Pays par pays


Article rédigé par Pascal Bernachon, directeur de la gestion KBL Richelieu Gestion.

U.S.A :
Vous trouverez ci-joint le détail de la réforme fiscale américaine. Nous sommes convaincus que rien ne justifiait son passage en force indépendamment des  promesses politiques du candidat Trump.

Si son ajout de croissance additionnelle est indéniable pour l’exercice en cours, soit +0.5%, ceci pourrait ne pas être récurrent les années suivantes.

La possibilité d’amortissement accéléré des entreprises est un facteur positif pour la poursuite des investissements. L’effet baisse d’impôts sera-t-il utilisé (via l’amélioration des cash-flow) pour poursuivre les programmes de rachats d’actions (donc le retour aux actionnaires) ou pour augmenter les salaires ?

Il est en fait paradoxal de voir le Keynésianisme s’emparer de nombreux pays au moment où la conjoncture est favorable et alors que l’apurement des dettes n’a pas vraiment commencé…au contraire.

La croissance du PIB au 3eme trimestre a été légèrement révisée en troisième estimation à 3.2%. Les dépenses de consommation en novembre augmentent de 0.6% en valeur et de 0.4% en volume. Le revenu personnel est aussi dynamique avec une hausse de 0.4% en valeur. L’inflation PCE core donne une progression de seulement 0.1% sur le mois (1.5% sur l’an).

Après une année chahutée, le secteur immobilier continue d’envoyer des signaux positifs à la fin 2017. L’indice de confiance des promoteurs immobiliers du NAHB atteint 74 en décembre, au plus haut depuis 1999. Les données de construction rapportent des mises en chantier et des permis de construire à 1.3 millions d’unités en novembre (+3.3% et -1.0% sur le mois) respectivement). Le segment des maisons individuelles est encore plus dynamique avec une hausse de +5.3% des mises en chantier et de +1.8% des permis. Enfin, les ventes de maisons en novembre se sont emballées avec une hausse de +5.6% dans l’ancien à 5.81 millions et un bond de +17.5% dans le neuf à 0.73 millions.

Zone Euro : 

La situation économique de la zone s’est encore améliorée avec un PIB du troisième trimestre à +2.7% et l’ensemble des indicateurs économiques présagent un dernier trimestre en hausse.

La situation de l’emploi s’améliore régulièrement et nous ne pouvons écarter des hausses de salaires, même dans les pays à fort taux de chômage. 2017 aura surpris par le rebond de cette zone qui accumulait un certain retard, certes avec une B.C.E qui ne lançait son Quantitative Easing qu’en mars 2015 soit bien après la FED. Nous assistons aussi à un rattrapage des pays périphériques mais force est de constater que la demande de crédit est bien inférieure en leur sein qu’en Allemagne et en France.

Notons le retour en grâce du Portugal chez les agences de notation, mais surtout une perception de la France bien plus favorable que ce soit par les acteurs domestiques comme par les non-résidents.

La volonté farouche du Président Macron d’une refondation européenne avec nos amis allemands reste suspendue à la formation d’un gouvernement de coalition mais semble inévitable dans sa réalisation, d’autant plus dans ce nouvel ordre mondial.

L’Allemagne reste encore la locomotive de la zone et affiche une succession de signaux positifs avec un endettement en forte diminution, un taux de chômage au plus bas, et des commandes dans l’industrie au plus haut.

Même l’Italie montre des signes d’amélioration et le poids des mauvaises dettes bancaires diminue. Reste l’incertitude électorale pour les élections de mars ou les sondages ne donnent aucune majorité gouvernementale mais la péninsule nous a habitués pendant des décennies à des gouvernements instables sans que cela influence négativement la gestion des affaires à l’italienne.

L’Espagne ne présente , selon nous , peu de risques politiques d’une indépendance catalane, inconstitutionnelle. Ce seront donc de longues tractations pour une plus large autonomie une fois des interlocuteurs clairement établis.

Royaume Uni :

Portée dans un premier temps par des achats de précaution suivant le référendum, l’économie britannique a subi le flux d’incertitudes avec un PIB en progression de 1.5%/an contre 2.4% en

  1. Mais la baisse de la Livre a probablement évité un résultat moins satisfaisant en boostant les exportations britanniques. L’accord sur la problématique des frontières entre les deux Irlande pose le problème des revendications écossaises, l’Ecosse souhaitant rester membre de l’Union Européenne. Nous avons évoqué ce sujet longuement dans notre précédent « Regard du mois » et nous restons toujours dans l’éventualité d’un second round de négociation des plus difficiles qui n’écarte en rien la probabilité d’un Hard Brexit.

Japon :

Avec une croissance de l’ordre de 1.6%/an au 3ème trimestre, le Japon sort définitivement de la récession et de la déflation avec une hausse des prix qui repasse en territoire positif. Ce sont encore les exportations qui tirent leur épingle du jeu aidées par une reprise des investissements. Les bénéfices des entreprises se sont nettement améliorés avec une progression de 22% sur 1 an, justifiant le parcours de la bourse japonaise. A contrario, et comme à son habitude, les dépenses des ménages restent modérées et reculent même au 3ème trimestre soit -0.3%.

Le marché de l’emploi reste tendu avec un taux de chômage de 2.8%. Le Japon récolte le rfuit des « Abenomics », soit les réformes, la relance budgétaire et surtout l’action de la banque centrale. Bien entendu, la baisse de la devise japonaise sur la période soit -22% a été un facteur déterminant de cette embellie.

L’avenir sera dépendant de la poursuite de l’action de la banque centrale qui a déjà fortement

alourdi son bilan à hauteur de 92% du PIB national. Toute modification pourrait influer sur la valeur du yen et diminuer la compétitivité du pays qui reste confronté à des défis structurels et sociologiques (traditionnels même), à commencer par l’emploi féminin et la démographie très négative. Cependant, l’inflation devrait se maintenir durablement sous l’objectif de la B.O.J et donc lui permettra de continuer son action de soutien à l’économie même si les défis de long terme nous apparaissent en l’état actuel irrésolvables.

Brésil :

L’année 2017 nous a prouvé une réelle amélioration de l’économie brésilienne et sa sortie de récession. Certes aidée par un prix du baril plus favorable à cette économie. La banque centrale brésilienne a participé activement à ce mouvement de reprise en baissant à maintes reprises son taux d’intervention. Les risques de destitution du Président Temer se sont estompés mais pour une poursuite de cette amélioration de l’économie , il est impérieux de mener les réformes à leurs termes et particulièrement celle des retraites car le pays n’est pas à l’abri d’une défiance sur sa signature au regard de son taux d’endettement et donc d’une fragilité de sa devise qui aurait des impacts négatifs sur le niveau d’inflation et obligerait alors la banque centrale à remonter ses taux..

Inde :

Après un début de mois difficile marqué par des indicateurs macroéconomiques mitigés et la décision de la RBI de maintenir sa politique monétaire inchangée, la bourse indienne a progressé après la victoire électorale du BJP, la formation du Premier Ministre Narendra Modi, dans l’Etat du Gujarat et de l’Himachal Pradesh.

Sur le plan macroéconomique, le PMI manufacturier a rebondi en novembre, atteignant 52,6 (vs 50,3 en octobre) tandis que son homologue des services a nettement reculé, à 48,5 (vs 51,7 en octobre). La production industrielle pour octobre a quant à elle déçu, ressortant en croissance de 2,2% (vs 2,9%e et 3,8% en septembre). Enfin, les exportations ont décollé en novembre (+30,6% vs -1,1% en octobre), de même que les importations (+19,6% vs 7,6%), allégeant à la marge le déficit commercial du pays (-13829m$ en novembre vs -14018m$ en octobre).

Chine :

Il nous semble que pour la première fois depuis 8 ans, la voix des Cassandre s’est nettement estompée sur le risque de « Hard Landing » chinois. Auraient-ils compris que l’analyse de ce pays ne peut se faire avec nos concepts occidentaux ?

Le constat est clair et nous le répétons à l’envi : Hausse de la valeur ajoutée dans l’industrie, hausse de la consommation, leader mondial incontesté dans nombre d ‘activités, fermeture de surcapacités datant du boom des années 90/2000, rôle géopolitique croissant, influence économique croissante et surtout avec un gouvernement peut être contestable mais qui ne peut être contesté en raison de la toute-puissance de Xi Jinping.