Informations économiques : Pays par pays


Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

U.S.A :

La déception a été la publication du rapport sur l’emploi où le nombre de créations est ressorti sous les attentes alors que les analystes escomptaient un rebond plus marqué après le mois de septembre où les intempéries les avaient inévitablement impactées.

Léger fléchissement des indicateurs PMI mais restant sur des niveaux de nette croissance, la bonne nouvelle réside dans l’accord qui aurait été trouvé avec les républicains pour la mise en forme de la réforme fiscale voulue par le Président Trump.

La commission chargée des questions fiscales à la Chambre des représentants propose une baisse de l’impôt sur les sociétés (IS), dont le taux serait ramené de 35% à 20%, et une réduction de sept à quatre du nombre de tranches de l’impôt sur le revenu, avec des taux de 12%, 25%, 35% et 39,6%. Le taux de la tranche supérieure serait ainsi conservé à son niveau actuel. Mais bien entendu, il faudra connaître lors des discussions au Congrès quelles coupes fiscales ou budgétaires seront appliquées face à ces réductions d’impôts qui rajouteraient un manque à gagner de 1500 milliards de dollars sur 10 ans.

Il est avancé que les réductions d’impôts sur les intérêts des emprunts pourraient être supprimées. pour les ménages, sur les crédits hypothécaires donc leur ôter un peu de pouvoir d’achat mais cette

abandon de déduction serait applicable aussi pour certaines entreprises. Il existe donc un risque que, face à cette nouvelle non-déductibilité, les entreprises cherchent à minorer leur charge de crédit et que le bonus fiscal de la baisse d’impôts leur serve plus au « deleveraging » (diminution des dettes) qu’à investir.

Le 27 octobre, la première estimation du PIB américain du T3 a surpris à la hausse (3,0% q-o-q en rythme annualisé, après 3,1% au T2 et contre 2,6% attendu). La consommation des ménages et l’investissement des entreprises sont restés solides mais la croissance a également été soutenue par une forte contribution des stocks (+0,7pts) et une chute des imports (-1,8%), ce qui reflète probablement l’impact des cyclones.

 

Zone Euro :

Le PIB a progressé de 0,6% au 3e trimestre, a annoncé mardi Eurostat. En glissement annuel – 3e trimestre 2017 comparé au 3e trimestre 2016 – la hausse atteint 2,5%, au plus haut depuis 2011. Ce glissement annuel n’était que de 2,1% au premier trimestre.

La dynamique des PMI de la région reste solide ce mois-ci dans leur lecture préliminaire. L’expansion n’est pas aussi importante qu’en septembre, avec 55.9 contre 56.5 attendu et 56.7 précédemment pour le PMI composite, via une accélération pour l’activité manufacturière (58,6 contre 58.1 en septembre) mais un ralentissement pour les services (54.9 contre 55.8). Le PMI composite en Allemagne ralentit également légèrement après les élections (56,9 contre 57,7 le mois dernier) mais reste un des plus élevés depuis 2011, tout comme celui de la France, qui surperforme son voisin avec 57,5 en Composite contre 57,1 le mois précèdent et 57.0 attendu. Le PMI manufacturier français s’affiche en effet en accélération à 56.7, comme pour le PMI services à 57.4.
Notons l’accélération de l’Espagne qui publie un PIB de +0.8% au 3eme trimestre, après un moment d’hésitation suite à la crise Catalane, le Ministre des finances a révisé en hausse les perspectives sur une estimation de plus de 2.5% de croissance en 2018.

L’indice IFO sur le climat des affaires est en hausse, de 115.3 en septembre à 116.7 en octobre, alors que le consensus tablait sur une baisse, à 115.1. L’indice des conditions actuelles comme celui des attentes sont en hausse, à respectivement 124.8 (contre 123.5 attendu) et 109.1 (contre 107.3 attendu).

Japon :

Avec deux tiers des sièges au parlement, M. Abe est sorti grand vainqueur des élections anticipées et ceci d’autant plus que le maintien du Gouverneur de la Banque du Japon traduit la poursuite de la politique proactive en faveur de la croissance. La bourse japonaise a marqué de nouveaux records s’affranchissant des 22.000 points le dernier jour de cotation du mois. Les indicateurs économiques restent des plus favorables avec l’indice Tankan à +22 sur le dernier trimestre. La baisse du yen reste un facteur favorable aux exportatrices et celles-ci ont nettement accéléré sur le mois dernier.

  • Sur les marchés émergents :

Brésil :

La bourse brésilienne n’a donc pas participé à la hausse généralisée des marchés actions. Les indicateurs économiques sont ressortis sous les attentes. Mais c’est surtout le fait que les investisseurs doutent de plus en plus des possibilités du Président Temer de mener les réformes à bien et particulièrement le serpent de mer des retraites.

Corée du Sud :

La croissance du PIB au troisième trimestre s’est élevée à 3,6% en variation sur un an. C’est presque un point de pourcentage de plus qu’au trimestre précédent qui ressortait à +2.7%. Dépenses des ménages et dépenses d’Etat s’additionnent au rebond des exportations. Si les investissements ont légèrement reculé, cela reste le principal contributeur du PIB.

Inde :

Le gouvernement indien a annoncé un plan significatif de 2.11Tr Roupies (32.4Mds$) de recapitalisation des banques publiques sur 2 ans, afin de redynamiser ces banques qui s’enlisaient dans les créances non-performantes et relancer l’investissement. Le gouvernement va vendre 1.35Tr Roupies d’obligations de recapitalisation, alors que les banques concernées vont lever 760MdsRoupies via des émissions obligataires et/ou une aide budgétaire.

Tout cela sera accompagné de réformes bancaires qui seront détaillées dans les mois qui viennent. La priorité du gouvernement sera donnée aux prêts aux PME et aux micros-entreprises.

Le gouvernement a aussi annoncé hier un plan d’investissement de 108Mds$ sur 5 ans afin de construire des autoroutes et relancer l’économie qui actuellement est sur un rythme de croissance le plus faible depuis 3 ans.

Le Sensex a gagné 6.3% sur le mois

Le PMI Manufacturier pour septembre est resté stable, à 51,2 tandis que son homologue des services a franchi le seuil des 50, pour atteindre 50,7 (vs 47,5 en août). La production industrielle a nettement remonté à +4,3% en août contre +1,2% en juillet. Même tendance pour les exportations, qui ont accéléré en septembre (+25,7% vs 10,3% en août) alors que les importations ont ralenti (+18,1% vs +21% en août), permettant ainsi à l’Inde de réduire son déficit commercial (-8984m$ en septembre vs -11644m$ le mois dernier).

Chine :

Le Président réélu a posé les priorités de son second mandat en privilégiant une croissance équilibrée, des objectifs écologiques prononcés, le règlement des créances douteuses, la poursuite de la montée en valeur des entreprises chinoises, la baisse de l’endettement, l’ouverture des marchés financiers et des investissements significatifs militaires pour faire de l’armée du peuple une des plus puissantes du monde.

Le but est donc d’avoir une croissance plus pérenne en poursuivant l’objectif de ne pas déstabiliser les grands équilibres du pays, particulièrement le niveau de la dette privée et publique.

Ceci a ravivé les craintes d’un très fort ralentissement de la part de certains analystes auquel nous n’abondons pas. Rappelons que la croissance du PIB est appelée à fléchir en intensité d’une manière inévitable pour approcher les 5% dans les années à venir. Nous avions du reste expliqué que ces 5% de croissance représentaient désormais une part de richesse additionnelle bien supérieure aux montants constatés quand la croissance progressait de 10%.

Indépendamment des dernières publications qui montrent un léger ralentissement mais demeurent en territoire positif, les investisseurs s’inquiètent aussi des pleins pouvoirs détenus par le Président et du risque de faille ou de mauvaise décision économique qui découlerait de ce pouvoir absolu.

Nous remarquerons néanmoins que, rapidement, Xi Jinping avait déjà écarté les risques de contestation dans les premiers mois de son premier mandat via la lutte contre la corruption.

Force est de constater que nos entreprises occidentales ont désormais dans nombre d’activités de sérieux compétiteurs chinois.

Enfin, notons que la politique en faveur de la démographie autorisant un deuxième enfant semble porter ses fruits avec une hausse significative des naissances de ce type au cours des derniers mois. Ceci traduit à la fois l’élévation du niveau de vie des chinois et la confiance dans le futur de leur pays.

Certes, les derniers indicateurs PMI marquent un léger retrait après la publication du PIB du 3eme trimestre à 6.8%/an après 6.9%/an mais la production industrielle a augmenté de 6,6% sur un an en septembre contre +6% le mois précédent. Les ventes au détail, dont la progression de 10,3% en septembre le mois dernier sont à comparer à celles de 10,1% en août.

Les profits des entreprises industrielles chinoises progressent au rythme le plus élevé depuis 6 ans à +27.7% en septembre, ce qui se compare à +24% en aout, portant la croissance à +22.8% sur les 9 premiers mois.

En raison d’un ralentissement plus prononcé du marché immobilier et d’un renforcement des règles anti-pollution poussant un grand nombre d’usines à limiter leur production cet hiver, la croissance du secteur manufacturier chinois a ralenti de manière plus prononcée que prévu. L’indice PMI des directeurs d’achat est ressorti à 51.6 en octobre vs 52.4 en septembre, mois durant lequel il avait atteint un plus haut de cinq ans. Le consensus attendait un indice à 52

 

Turquie :

Face à des indicateurs qui se restaurent, une demande des ménages soutenue comme les exportations, la Turquie reste fragilisée par une inflation trop élevée(11.6%/an sur octobre) qui oblige les resserrements monétaires de la Banque Centrale. La baisse de la devise renchérira de fait les importations.

Afrique du Sud :

Risque de nouvelle dégradation sur la dette du pays qui passerait en catégorie spéculative contre Investment grade, ceci freinerait la reprise et renchérirait le coût de cette dette.