Informations économiques : du côté de l’inflation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

La croissance mondiale semble bien installée et nous assistons à une hausse des échanges internationaux. Les révisions de croissance en hausse sont au profit de la zone euro alors que la croissance des Etats-Unis a été modestement révisée en baisse pour l’an prochain. Mais il est indéniable que la bonne activité en Chine reste une composante significative de la bonne santé économique du monde. Celle-ci participe inévitablement à tirer vers le haut nombre de pays qui sont ses fournisseurs comme le montre le tableau ci-dessous.

 

Si la contribution de la Chine au PIB mondial semble se stabiliser, force est de constater que la part des pays développés se tasse.

Nous ne reviendrons pas sur les causes structurelles, souvent évoquées dans nos lettres mensuelles, des freins à une croissance forte dans les pays développés comme l’absence de reprise de forte inflation.

Indépendamment des risques géopolitiques bien présents actuellement, certains s’inquiètent des niveaux d’endettement et envisagent le prochain accident financier via cette problématique.

Il nous semble devoir distinguer la dette privée et la dette publique. Si la première peut générer, en cas de fortes remontées des taux, des risques pour les marchés financiers, il ne faut pas ignorer qu’elle a légèrement diminué et que les entreprises ont majoritairement profité de ces taux bas pour se refinancer à bon compte et ont donc ainsi soulagé la charge de leurs dettes.

Pour la dette publique, il est indéniable que sa croissance a été ininterrompue sur les 10 dernières années. On évoque une hausse de 25% de celle-ci sur 10 ans. Si effectivement, nous ne pouvons écarter le risque de défaut d’un pays, comme ce fut le cas pour l’Argentine, nous considérons toujours que la dette d’un Etat est par nature non limitée dans le temps (intemporelle tant que les investisseurs acceptent de la refinancer). Une hausse trop rapide et conséquente des taux d’intérêts long terme aurait indéniablement des effets sur la charge de la dette et limiterait d’autant plus la capacité des pays à financer la croissance future. Mais elle ne nous apparait pas comme l’élément déclencheur d’un « krach » boursier comme en 2008. A contrario, elle serait un frein indéniable à la croissance et justifierait une consolidation plus appuyée.
Alors, il faut peut- être se satisfaire de cette croissance modérée et surtout non inflationniste. Car in fine, la modération des prix comme la nature de cette croissance permettent de conserver des taux d’intérêt long terme proches des points bas.

C’est certes un handicap pour les banques centrales sur le chemin nécessaire et impératif d’une normalisation de la politique monétaire mais entre deux maux…. ?