Informations économiques : Du côté de l’inflation

Article de Pascal Bernachon, directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion, à propos de l’inflation. 

L’inflation américaine s’est installée autour des 2% (objectif de la FED) = mais des hausses de prix transitoires ont eu effectivement un effet accélérateur sur les prix au cours de la période passée. Ceci explique le maintien d’une certaine prudence de la part de la Banque Centrale.

L’indice PCE des prix à la consommation des ménages américains augmente de 0.2% en mai, au-dessus des 0.1% attendus et en ligne avec la période précédente, et de 2% en glissement annuel (vs 1.7% pour la période précédente): c’est la première depuis janvier et février 2017 qu’il atteint l’objectif de la Fed. L’indice de référence a augmenté de 0.2% en mars, en ligne avec les attentes, et de 1.9% en glissement annuel (vs 1.6% en février).

L’inflation a ralenti en mars en Grande-Bretagne, à un rythme annuel de 2,5%, le plus faible depuis un an. Sur l’ensemble du premier trimestre, la hausse des prix a été en moyenne de 2,7%, un niveau inférieur à la prévision de 2,92% effectuée en février par la Banque d’Angleterre, et en forte baisse par rapport à son point haut de 3,1% atteint au mois de novembre dernier.

L’inflation dans la zone euro a accéléré en mars mais sous le niveau de la première estimation publiée. Les prix dans les 19 pays partageant la monnaie unique ont augmenté de 1,3% sur un an le mois dernier. Les services et l’énergie ont été les principaux contributeurs à la hausse globale sur un an. Les prix des produits alimentaires non transformés ont finalement progressé de 0,9% et non de 0,8%. Hors énergie et produits alimentaires non transformés, les deux éléments les plus volatils de la statistique, les prix dans la zone euro ont augmenté de 1,3% sur un mois et sur un an.

Même si nous assistons à des légères tensions salariales, nous n’avons pas un phénomène d’accélération généralisée toujours sous l’impact de la hausse de l’emploi peu qualifiés dans les services alors que la robotisation freine la hausse des emplois dans l’industrie manufacturière. Cependant, le taux d’emploi actuel aux Etats-Unis et le taux structurel du chômage en Zone euro peut laisser envisager un raffermissement des salaires et comme démontré dans le second tableau joint particulièrement dans le cas de changement d’employeur compte tenu de la raréfaction de main d’œuvre disponible.

Comme évoqué par la B.C.E, le retour de l’inflation dans la limite des 2% n’est envisageable au mieux que l’an prochain, et particulièrement la Core Inflation.

Aux Etats-Unis, la FED montre que les effets de base militent pour une appréciation de celle-ci dans la première partie de cette année. Bien entendu, si la guerre commerciale menée par l’administration américaine devait renchérir notablement les produits importés, nous assisterions inévitablement à une hausse des prix avec ses conséquences sur la politique monétaire de la FED et ce, à condition que les entreprises puissent répercuter ces hausses de prix sur les prix de vente et que bien entendu, le pouvoir d’achat des ménages s’améliore en corolaire.

Pour le moment, nous restons dans une vision d’inflation maîtrisée même si elle accélère légèrement mais elle reste inévitablement un point d’attention particulier compte tenu de l’ensemble des facteurs qu’elle peut négativement influencer et particulièrement :

  • Accélération du durcissement monétaire de la FED et les répercussions sur les taux longs.
  • Capacité de Pricing Power des entreprises donc sur le maintien des marges.
  • Effets négatifs de la baisse des indices actions américains sur la perception des ménages.